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 "Même si les élections ne sont pas une panacée, les congolais doivent quand même y aller." 
 

La rédaction de Uhuru a rencontré Jean Kalama-Ilunga, membre de la coordination du comité exécutif de l’Union de Congolais pour la Défense de la Patrie en sigle UCDP. Ancien conseiller chargé de la culture dans le 1er gouvernement de LD Kabila, celui que les kinoises et kinois, en particulier, et les congolais, en général, surnomment affectueusement ‘’soul’’ de ‘’Kalama soul’’ ou par les titres de ses chansons tellement il a su s’y identifier :’’Hadisi ndjo’’, ‘’Naza balado te’’, ‘’Tshilembi’’, ‘’Mama lopango’’ n’a pas perdu sa verve oratoire ni son engagement politique pour le peuple qui rappelle ceux qu’il considère comme ses modèles principalement Patrice Emery Lumumba, Laurent Désiré Kabila, Simon Kimbangu…et d’autres encore vivants en RDC, en Afrique et dans le monde !Jean Kalama-Ilunga a accepté de s’ouvrir en exclusivité à Uhuru et de donner un autre éclairage sur les questions pendantes de la politique en RDC.


UHURU YETU : Avant d’aborder les questions politiques du moment, pouvez –vous nous présenter brièvement ce fameux mouvement UCDP ( Union de congolais pour la Défense de la Patrie) ?
Jean Kalama-Ilunga : Nous trouverons dans un proche avenir un temps pour parler plus profondément de l’UCDP en l’occurrence de son organisation, de ses objectifs, de son projet de société…Brièvement, l’UCDP est un jeune mouvement qui dispose paradoxalement d’une grande expérience politique consécutive à la présence en son sein des hommes et des femmes de qualité dotés des convictions patriotiques nécessaires pour mener le combat que nous avons engagé pour la défense de notre patrie !
UH. : ‘’Défendre la Patrie !’’ : devons-nous le saisir comme une mobilisation pour une lutte armée ?
J.K.I : La paix est sacrée pour notre mouvement l’UCDP ! Les facteurs endogènes et exogènes de la déstabilisation structurelle de notre pays sont aussi virtuels et insidieux si bien qu’il n’est pas aisé de les déceler lorsqu’on ne dispose que d’une vision parcellaire sur les questions politiques, limitée à l’occupation des postes de pouvoir sans tenir compte ni des aspirations ni des intérêts du peuple congolais, le pourvoyeur souverain de la légitimité au pouvoir politique !

 
          Laurent Désiré Kabila, Victor Mpoyo et Jean Kalama-Ilunga

Par son organisation originale, l’UCDP s’est forgée des armes virtuelles et variées en mesure de répondre à la variété des défis susceptibles d’empêcher les congolais d’accéder au bien-être ! Défendre la patrie ne se limite pas seulement à la souveraineté, l’intangibilité ou l’intégrité du territoire nationale, mais aussi à défendre les intérêts, les aspirations, le pouvoir du peuple congolais confisqué! Nous en reparlerons !
UH.: La République Démocratique du Congo traverse une période sensible, elle est à la croisée de chemins entre le plongeon dans le chaos et le retour à la normalité politique, sociale et économique ! Quel regard portez-vous sur le pouvoir politique qui en porte la responsabilité ? Etes-vous d’avis que la RDC sortira la tête haute de cette crise qui la mine depuis plusieurs années ?
J.K.I : : La complexité de la réalité politique en RDC m’ impose de porter un regard vigilant sur le pouvoir politique actuel qui procède, en fait, de plusieurs consensus frauduleux superposés préjudiciables à toutes les tentatives de résolution de la crise sur le fond! Quant à savoir si la RDC pourra en sortir la tête haute, je dis que cela dépend des congolais eux-mêmes à qui on n’a jamais permis depuis plusieurs décennies de choisir des dirigeants susceptibles de leur apporter le bien-être et de répondre à leurs aspirations.
UH : Qu’entendez-vous par consensus frauduleux ?
J.K.I : : Pendant le pouvoir de la 2ème République, la normalité du pouvoir a été dénaturée au fil de temps pour n’avoir jamais abordé les vraies questions du pouvoir politique en toute clarté ! La dictature de 32 ans, dont certaines personnes, ignominieusement, se permettent de s’en vanter aujourd’hui en la présentant comme modèle, avait interdit toute clarté politique, faisant subir, par ce fait, au peuple congolais toutes les élucubrations illusoires qui ont transformées des générations entières en générations sacrifiées !
Avec le consensus frauduleux, l’objet de la politique qui est d’apporter le bien-être à nos concitoyens, a disparu ! Le flou s’est imposé dans un environnement falsifié devenu une tendance lourde dont les origines remontent aux années de la dictature ! Certains acteurs de cette époque, en vue de se refaire une virginité, aujourd’hui, profitant de ce flou, installent, au travers des effets d’annonce, la confusion et l’amalgame des faits en ignorant leur ordre chronologique pour se prévaloir d’une certaine crédibilité sur l’échiquier politique en RDC!
Conférence nationale souveraine, Accord de Lusaka, Dialogue-intercongolais, Accord global et inclusif et d’autres à venir ne sont que des consensus frauduleux, générateurs des illusions qu’on ne cesse d’imposer aux congolais !
UH : Faites-vous allusion au pouvoir 1+4 ?
J.K.I : Pas particulièrement pour autant que le 1+4 n’est que la béquille d’un système pervers dont les finalités se situent au-delà des frontières de la RDC. ! En réunissant au sommet du pouvoir politique des personnes en conflit d’objectifs et d’intérêts, le 1+4 est la consécration de l’échec du dialogue dit inter congolais et se révèle chaque jour comme un jeu d’acteurs rocambolesque dont la finalité échappe aux aspirations des congolais ! En recourant à cette solution de facilité, Il est surtout l’échec de la ‘’communauté internationale’’ dans sa tentative de brouiller les cartes pour occulter sa propre responsabilité dans cette crise qui a occasionné plus de 5millions de victimes congolais !
UH :A votre avis, y avait-il une alternative au 1+4 en vue du retour à la normalité? Si oui, laquelle ?
J.K.I :  Avant le 1+4, il n’y avait pas de vide au pouvoir en RDC en dépit du fait qu’elle était victime d’une agression du Rwanda, l’Ouganda et le Burundi qualifiée
comme telle par la résolution 1234 du conseil de sécurité des Nations Unies ! Pour masquer cette agression, les assaillants ci-dessus avaient utilisé des marionnettes congolaises en vue de monter de toutes pièces de pseudo-mouvements rebelles! Vous connaissez la suite !
A la question de savoir s’il y avait une alternative, je dis oui ! La ‘’communauté internationale’’ en tant qu’autorité extérieure, était parfaitement au courant des incidences néfastes des consensus frauduleux superposés en RDC! Dans le cadre de résolution des conflits, au lieu, par exemple d’imposer l’ordre du processus pour la paix en commençant par le désarmement des groupes armées, parce qu’il était question d’un conflit armé, paradoxalement, dans la précipitation, une prime a été donnée aux chefs de guerre en les imposant dans les rouages du pouvoir politique ! Insidieusement, le recours aux armes avait été institué comme source de légitimation au pouvoir politique en RDC et aujourd’hui un germe des conflits futurs prévisibles.
UH : Et l’alternative ?
J.K.I : La ‘’communauté internationale’’ devait tout simplement imposer une gestion de la transition politique dont les membres ne devaient pas être éligibles bien que ce n’était pas aussi simple !
UH : Le projet de constitution sera soumis bientôt au référendum populaire ! Les élections générales sont fixées pour juin 2006 à moins qu’un aléa de dernière minute n’entrave leurs tenues ! Quel est votre avis sur la question ? Croyez-vous qu’avec les élections, la RDC sera débarrassée de sa crise multiforme ?
J.K.I : : Lorsque nous avons lu le projet de constitution qui va être soumis au référendum, nous y avons décelé des anomalies qui justifient l’appel de notre mouvement l’UCDP pour le Non afin de nous permettre d’y apporter des amendements que nous considérons comme objectifs et porteurs d’avenir !
En somme, ce projet de constitution est, sur certaines questions fondamentales, porteuses des germes des conflits, par conséquent, il n’apportera pas de réponses aux problèmes posés en vue d’un pilotage harmonieux pour l’accès des congolais au mieux –être !
UH : En cas de la victoire du Oui par exemple la promulgation de la constitution par le Président de la République, sa mise en application ne va-t-elle pas causer quelques problèmes juridiques ? Et dans le cas de la victoire du Non, n’y aura-t-il pas risque d’un nouveau report des élections ?
J.K.I :  Pour sa promulgation, j’espère qu’on prendra soin de ne pas écrire que la constitution entre en vigueur à la date de sa signature pour permettre l’élaboration des dispositions d’accompagnement! En cas de la victoire du Non, le report du référendum ne peut pas empêcher la tenue des élections générales !
Quant aux élections elles-mêmes, nous savons tous que ce n’est pas la panacée pour la résolution de cette crise ! Ce qui est important, aujourd’hui, parce que les congolais doivent y aller quand même, c’est d’en maîtriser les conséquences selon toutes les hypothèses qui peuvent conduire au chaos notamment sur la défense et la sécurité !
UH : S’agissant de la défense et la sécurité, les anciens chefs de guerre disposent toujours des milices qui contrôlent des zones de non-droit sur lesquelles il ne sera pas possible de battre campagne librement et en toute sécurité en vue des élections ! Qu’est-ce que vous pensez des Fardc ? Etes-vous d’avis que le principe d’une armée dite intégrée est susceptible de constituer une véritable armée nationale ?
J.K.I :  Nous payons aujourd’hui pour le laisser-aller et le laisser-faire qui ont caractérisé les négociations en Afrique du Sud où les ambitions des individus pour accéder aux postes de pouvoir étaient privilégiées au détriment des intérêts et des aspirations du peuple congolais !
Effectivement, de la défense et la sécurité, cette question qui fâche avait été malicieusement éludée parce que l’objectif était de noyauter le pouvoir congolais pour mieux le contrôler en imposant des chefs de guerre et des criminels avérés au cœur du pouvoir congolais!
C’est d’ailleurs une illusion de croire qu’on peut faire de la politique dans un environnement où la défense et la sécurité n’ont pas de politique !
S’agissant des Fardc, je veux bien qu’il y ait une armée nationale, d’ailleurs c’est une nécessité, mais une armée au service de la collectivité et non des individus ! La mise en place d’une armée véritablement nationale sera un exercice extrêmement difficile au regard de la manière dont on s’y prend pour la construire ! C’est pour dire que le principe d’une armée dite intégrée est une aberration qui consiste à faire perdre du temps aux congolais parce qu’une vraie armée nationale se construit avec des patriotes qui choisissent individuellement de servir la nation dans les métiers de la défense et qui signe individuellement le contrat d’engagement !
UH : Il ressort de vos considérations que les raisons qualitatives des difficultés essentielles du moment en RDC trouvent leur origine dans le système dictatorial de la 2ème république! Quelles sont les responsabilités des acteurs du 1+4 ? Quel est votre avis sur les charges portées sur le Président Joseph Kabila en tant que numéro 1 du système 1+4 qui gère la transition en cours ?
J.K.I : Bien que la lecture du passé soit une tâche difficile car elle nécessite la reconstitution d’une information dispersée, souvent controversée, le passé, tout comme l’avenir , fait l’objet de multiples incertitudes liées aux interprétations différentes des mêmes données ou à la prise en compte des données divergentes ! En tout état de cause, il est indéniable que le système de la 2ème république avait effectivement provoqué l’aliénation en effaçant les valeurs fondamentales de notre société, en enveloppant la vie nationale dans un environnement falsifié, en bloquant toute pensée, toute action ou toute activité censée contribuer à l’éveil de la conscience ! Il est de notre devoir de nous interroger pourquoi le congolais s’est-il rendu sujet des attitudes et des comportements avilissants ? Une tendance lourde qui pèse de tout son poids, aujourd’hui ! Concernant les acteurs du 1+4, j’ai précisé que la responsabilité incombait à ceux qui les ont placé au pouvoir en sachant qu’ils sont en conflits d’intérêts et d’objectifs logiquement, en sachant donc que la bonne issue sera incertaine, surtout pour les perdants après les élections!
Quant à Joseph Kabila, j’aurai bien voulu qu’il réponde lui-même aux questions posées à son sujet, mais je me permets de m’opposer à certaines assertions qui frisent le délire hystérique que certaines personnes ont transformé en fond de commerce pour se tailler une place au soleil ! En toute objectivité, même si on n’est pas d’accord avec lui, nous savons tous que ce n’est pas lui qui a mis en place ni qui a inspiré le système 1+4 ! Il l’a subi comme tous les congolais et y a perdu des plumes en y perdant une grande partie du pouvoir qui est exercé par les autres membres de l’espace présidentiel ! En chargeant Joseph Kabila, ces personnes se trompent de cible, et j’ai toujours l’impression qu’elles s’acharnent injustement sur une victime qui ne dispose pas de moyens pour se défendre! L’avenir nous éclairera !
UH : Jean Kalama-Ilunga, UHURU YETU vous remercie !

Propos recueillis par Jeff Kasongo








 
 

 

 

 

 

 

 

 




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