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A la tête de l’Agence
 
Honteux et confus à Tel-Aviv après l’échec de l’affaire Tamman, vous décidez de manoeuvrer pour rentrer vite au Zaïre où se trouve le vrai enjeu : la course à l’enrichissement. Au retour à Kinshasa, vous êtes gracieusement nommé en 1985 à la tête de l’Agence Nationale de Documentation (AND). A ce titre, vous êtes aussi le président durant 5 ans de la Commission de Sécurité des pays de la CEPGL (Zaïre, Rwanda et Burundi), pour ne rien faire car le bilan est plus que néant au vu des événements intervenus dans cette région des Grands Lacs.
 
 Détournement des dons des services des renseignements amis : Deux cas parmi tant d’autres : A la tête de l’AND, en grand manipulateur, vous obtenez vite du Résident de la station locale de la CIA à Kinshasa une première aide financière pour l’achat de véhicules auprès de concessionnaires locaux. Une aubaine... Vous achetez quelques véhicules et empochez comme d’habitude la grande partie de l’argent. Malgré cette indélicatesse, le Résident de la CIA sollicite de la maison mère à Langley (USA) l’allongement d’une aide financière substantielle. Malgré toutes les précautions de verser l’argent directement au concessionnaire, une partie du lot de véhicules est distraite par vous pour les membres de votre famille. Il en sera ainsi lors de chaque arrivage de lots de véhicules achetés avec l’argent de l’Agence ou des dons des services des renseignements amis. 
 
Machine de mort
Sous votre direction, l’AND devient une vraie machine destinée à réduire au silence toute velléité d’opposition au pays. Les enlèvements nocturnes, les tortures, les liquidations sommaires et les opérations punitives constituent l’essentiel de vos activités. La lutte contre les opposants se poursuit comme par le passé, mais avec des nouvelles méthodes plus fines. Des disparitions de personnalités politiques  surtout de moindre importance se font secrètement dans les sinistres cachots souterrains de la Cité de l’OUA ou dans le fleuve Congo à la hauteur des chutes de Kinsuka. Les étudiants originaires des régions de l’Est fichés contestataires, activistes ou meneurs seront nuitamment enlevés sur les campus des universités et des instituts supérieurs, par des opérations chirurgicales indolores, sans attirer l’attention de leurs camarades. Vous avez une très mauvaise presse auprès des organismes de défense des droits de l’homme.  
 
Expulsion des opposants politique zaïrois demandeurs d’asile à Bruxelles :
 Dès 1985, vous nouez des contacts informels avec Mr Morell, Directeur de Cabinet du Ministre belge de la Justice , Mr Jean Gol, pour faciliter les expulsions des opposants politiques zaïrois installés à Bruxelles. Le contact aura lieu par un dîner en tête en tête dans un restaurant de la place Sainte Catherine à Bruxelles. A cause de vous, beaucoup de nos compatriotes furent déportés comme des mal propres au pays sur votre demande. Bon nombre d’entre eux se sont retrouvés au bas de la passerelle à l’aéroport de Ndjili, accueillis par vos agents de sécurité et conduits avec des brutalités indescriptibles dans les fameuxcachots de l’AND. Des années après, le Sénateur belge écolo Germais Dufour dénonce le fait que les demandeurs d’asile zaïrois soient livrés aux agents des services de sécurité dirigé par Mr Ngbanda grâce aux listings de passagers produits par la Sabena. Les refoulés sont fichés sous trois appellations différentes : les Inad (ceux qui sont refoulés dès leur arrivée à la frontière belge), les Depa (les déportés accompagnés de policiers) et les Depu (les déportés non accompagnés). Certaines victimes sont encore en vie pour vous confondre. 
 
Transferts des fonds en devises à l’étranger.
Durant votre règne à l’AND, vous  parvenez à augmenter considérablement votre fortune personnelle. Grand manipulateur, vous obtenez l’autorisation auprès du Président Mobutu d’obtenir de la Banque Centrale du Zaïre, des transferts de fonds en devises pour le paiement des agents des antennes de la Sûreté à l’étranger. L’enveloppe est d’environ 25 millions de francs belges par mois. Vous vous engraissez. Le pactole vous permet de vous lancer dans des activités commerciales variées : transport fluvial, exportation de bois, exploitation artisanale d’une concession de mines de diamants, plantation de café,... Le pays détient aujourd’hui toutes les preuves matérielles de la Banque centrale de ces détournements. Vous n’allez pas nier. Des agents de sécurité dans toutes les entreprises de l’Etat : Pour accélérer le rythme de votre enrichissement, vous obtenez par diverses manipulations auprès du Président Mobutu l’autorisation de placer vos agents de sécurité dans toutes les entreprises de l’Etat, sous prétexte de surveiller la gestion désastreuse de leurs PDG. Selon vous, certains PDG seraient à la solde de l’opposition clandestine dont ils financent les activités bannies de l’UDPS. Une aubaine... Vous vous engraissez. Après plusieurs manoeuvres, le Premier Ministre Kengo wa Dondo parvient à chasser les intrus des Entreprises de l’Etat. 
 
 Rapport de service au Président Mobutu :
 L’année 1989 est marquée par la chute du mur de Berlin et l’exécution sommaire du tyran roumain, ami personnel de Mobutu. Dans votre Rapport de service au Président Mobutu, vous conseillez que "la population zaïroise demeure fondamentalement attachée au Guide toute fois il est nécessaire d’entreprendre quelques reformes, sans toucher au principe du Parti unique qui permettra de conserver le contrôle de la situation". Pour faire diversion, vous suggérez des changements d’hommes dans les appareils du Parti et de l’Etat. 
 
Affaire Généraux Somao et Bielo : En 1989, vous informez le maréchal Mobutu de la découverte de quelques indices des préparatifs de coup d’Etat contre le régime. Ses commanditaires ne sont entre autres votre Adjoint Bielo et le Général Somao, commandant des troupes blindées de Mbanza-Ngungu. Ils appartiennent tous les deux  à la tribu Ngbaka (Mabo), ennemie de la tribu Ngbandi. Le 28 avril 1990, votre adjoint Bielo est suspendu de ses fonctions, en attendant la fin de l’enquête. Réhabilité quelques mois plus tard, il mourra empoisonné le 29 décembre 1992. L’autopsie réclamée par sa famille sera refusée par les médecins, sur votre ordre. En revanche, des hommes cagoulés armés pénètrent à la morgue et mutilent le corps du défunt pour enlever le foie qui est le réceptacle dans lequel le poison se déverse. Horrible ! 
 
Affaire Nzapa : Toujours, en 1989, vous accusez votre autre adjoint Nzapa du Département Extérieur, celui-là même qui vous avait aidé à entrer dans le circuit de la Sécurité après vos études, de comploter avec l’antenne locale de la CIA pour renverser le régime. Mr Nzapa a eu la chance de n’encourir comme peine que l’exil au poste d’ambassadeur en Ouganda, rapidement suivi d’un envoi au garage.
 
 Pasteur MOLILI : Depuis la fin de l’année 1989, aux heures libres de votre basse besogne, vous vous établissez en faux prédicateur, faux berger. Mais depuis, vous ne changez pas. Vos actes ne sont mêmes pas dignes d’un "born again". Vos proches vous gratifient même d’un autre prénom : "Pasteur MOLILI’ (le pasteur des Ténèbres). 
 
 Instauration du multipartisme au pays : Au 24 avril 1990, Honoré Ngbanda, vous soutenez que l’instauration du multipartisme au pays est "une grosse erreur historique". C’est avec ce fond de commerce que vous allez même vous hisser rapidement aux commandes du poste de toute puissante éminence grise de Mobutu. Le 30 avril 1990, Mobutu vous nomme comme son Conseiller politique avec pour mission "d’organiser la résistance à la démocratie et réduire à l’impuissance les forces politiques d’opposition". Pour fêter votre nomination, vous signez une opération punitive, le même jour du 30 avril, pour faire cesser un rassemblement d’amis et de sympathisants du leader de l’opposition. Après sa libération de deux ans de résidence surveillée, vos agents de sécurité font irruption dans la résidence d’Etienne Tshisekedi à Limete. Plusieurs personnes sont blessées, entre autres, Tshisekedi lui-même, 30 personnes sont arrêtées et trois personnes tuées. Ensuite, le 3 mai 1990, le second discours de Mobutu dit de " clarification " qui neutralise le précédent discours de "démocratisation" du 24 Avril 1990 introduisant le multipartisme au Zaïre. Ce second discours de Mobutu porte votre empreinte d’étouffer dans l’oeuf l’apprentissage d’un système politique multipartiste. C’est le point de départ qui va modifier le destin du pays, par une marche à reculons vers son inexorable déclin. Vous portez seul cette responsabilité devant l’histoire. 
 
Le"TERMINATOR" : De votre bureau seront concoctées des décisions et      de nombreuses mesures opérationnelles variées dans une campagne agressive d’intimidation contre les tenants de la thèse de "changement politique radicale ". Pour cela, vous avez même créé des Forces d’Intervention Spéciales (FIS), connues sous le sobriquet de "HIBOUX", entraînées par les Sud Africains pour des coups tordus contre les opposants politiques ; des Forces d’Action Spéciales (FAS), entraînées par les Israéliens pour des coups à l’étranger. Ce que beaucoup de gens au Congo savent, c’est que vous avez semé la terreur noire dans la ville de Kinshasa. Vous avez organisé avec vos Forces d’Intervention Spéciales (FIS), connues sous le sobriquet de "HIBOUX",  plusieurs coups maladroitement montés contre de personnalités politiques de l’opposition et les partisans du changement politique. Sur le moment, cette terreur a produit un effet électrique de peur considérable dans la population Kinoise qui vous a même surnommé : le "TERMINATOR". Allez vous contester cela ? Mr Honoré Nganda. Voilà pourquoi vous êtes très populaire au pays, par vos actes abominables. A titre d’exemple : Dans son Rapport annuel de 1994, l’AZADHO (Association Zaïroise de Droit de l’homme) a conclu que la violence politique a occasionné de nombreux cas d’assassinats, exécutions sommaires et extrajudiciaires. Jusqu’au 26 Décembre 1994, en moyenne 10 à 11 exécutions sommaires par mois ont été répertoriées par l’AZADHO, sans compter celles qui sont commises secrètement. Les taux les plus élevés ont été enregistrés dans la seule ville de Kinshasa. Dans plus de 80% de cas d’exécutions sommaires, il s’agit d’assassinats politiques par balle ou consécutifs aux tortures perpétrés par les agents de force de sécurité. Les lieux de commission de ces actes de tortures sont les bureaux des services de renseignements ou des nombreux cachots connus ou inconnus des services de sécurité. Si au début de la Dictature de Mobutu, Jean Faustin Manzikala avait acquis la réputation d’"Assassin " dans la répression contre les Nationalistes congolais, vous Mr Honoré Ngbanda, à la fin de la Dictature Mobutu , vous êtes le "Terminator" dans la répression contre les Démocrates congolais. Vous portez, comme Jean Faustin Manzikala, cette responsabilité devant l’humanité et l’histoire. 

A suivre demain, le  verset 4   Opération sur les campus universitaires

 Lire aussi verset 1 ou encore  verset 2

                   


 


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