Devoir de vérité
"NOUS DEVONS DIRE LA VERITE SUR CE QUI S'EST PASSE"
Par Philémon
Baramoto Kpama
Beaucoup
de choses ont été dites sur l’effondrement du régime du
Président Mobutu Sese Seko. Des voix se sont élevées
avec du Maréchal-Président n’ont pas assuré honnêtement
leurs responsabilités. Ils se sont mis en évidence en
véhiculant discours et propos non fondés. Ces discours
ne visent qu’à condamner, salir et discréditer. Je suis
convaincu que nous, hauts responsables sous le pouvoir
de Mobutu, devons dire la vérité sur ce qui a été fait,
ce qui n’a pas été fait et reconnaître nos torts
individuellement. Il est crucial de rétablir la vérité.
J’aurai l’occasion de m’exprimer plus largement en temps
opportun afin que le peuple sache la vérité.
Aujourd’hui, je tiens juste à donner des précisions sur
certains points relevés par l’ancien conseiller spécial
du Président Mobutu dans ses communications.
André-Honoré Ngbanda Nzambo Ko Atumba doit suivre le bon
exemple de ses aînés Seti Yale et Mokolo wa Mpombo,
c’est-à-dire se taire.
1. Qui
a introduit M. Ngbanda auprès de Mobutu ?
En 1972, j’étais
Premier bourgmestre adjoint de la ville de Lubumbashi.
Nzege Alaziambina, Nzapa et Kokule étaient alors
étudiants à l’Université de Lubumbashi. Ngbanda était
étudiant finaliste. A la fin de ses études en
Philosophie, Ngbanda a été affecté par le ministère de
l’Education nationale à Isangi, dans la province
orientale, comme professeur dans une école secondaire.
C’est alors qu’il m’a été présenté par ses amis Nzege,
Nzapa et Kokule. A leur demande, j’ai engagé Ngbanda
comme secrétaire particulier à l’hôtel de ville de
Lubumbashi. Il se retrouvera à l’hôtel de ville avec
Lumbu que Kanyinda Ons’indal, devenu ministre de
l’Agriculture, prendra dans son cabinet. En cette année,
Mobutu était attendu en visite officielle à Lubumbashi.
J’ai demandé à Ngbanda de préparer son dossier complet.
J’avais l’intention de solliciter l’attention du
président Mobutu en sa faveur, ce que je fis. Le
président me recevra, à 16 heures, dans sa résidence. Il
discutait avec son médecin américain, le docteur Close,
du retrait du Zaïre de l’OCAM (Organisation commune
africaine et malgache). Le président était accompagné de
Mokolo wa Mpombo, alors responsable des services
extérieurs, de l’Amiral Lomponda wa Botende, alors
officier d’ordonnance du chef de l’Etat, du docteur
Close, médecin du président. L’officier de garde chargé
de la sécurité du chef de l’Etat était le capitaine
Ndolo, alors commandant intérimaire du deuxième BN Para
de Kimbembe à L’shi et le chargé de transmission était
l’adjudant chef Yangba Cyrille de l’état-major du 4ème
Groupement. C’est ce jour que j’ai remis le dossier de
Ngbanda. Dans ce dossier figuraient l’attestation de
réussite sanctionnant ses études de Philosophie à
Lubumbashi et un CV spécifiant un titre de réussite en
hautes études en communication à Lovanium. Le président
a suivi avec grande attention mon argumentation en
faveur de Ngbanda. Le président me promit une réponse
dans les deux semaines. Deux semaines après,
l’administrateur provincial de la sécurité du Katanga,
Ikolo Mboloko, m’appellera pour me dire que la réponse
du président est arrivé par un message de
l’administrateur général Mokolo. J’ai informé Ngbanda de
la réponse positive du président. Ngbanda était engagé à
l’AND (Agence nationale de documentation), avec
affectation à la documentation extérieure. J’ordonnai de
payer son décompte final. Je lui ai fourni un billet
d’avion pour Kinshasa. Je l’ai remplacé par M. Kazadi
Mutunda qui fut chef du service de la jeunesse et des
sports à l’hôtel de ville de Lubumbashi. Arrivé à
Kinshasa, Ngbanda sera logé durant plusieurs mois dans
ma maison de Lemba, sise, avenue Lutshatsha n° 128,
avec mon frère Baramoto Zonganda (connu sous le nom de
Zing Zong). Lorsqu’il a quitté ma maison de Lemba, il
s’est installé comme locataire à Ndolo, Quartier Bon
Marché, où je lui ai rendu visite accompagné de Ngoto
Ngalingi (Joseph). Je tiens à rappeler que lorsque
Ngbanda a fini ses études, le général Tukuzu n’était
plus en fonction pour jouer un quelconque rôle en sa
faveur.
2.
Le cas Tshisekedi
Je tiens à répondre aux
propos tenus par Ngbanda dans le journal « Le
Potentiel » n°3506 du 22 août 2005. Il y déclare que
M. Tshisekedi a failli être éliminé en douceur. Voici le
film de cet événement. Lors de son interpellation par
les services de l’ordre et de sécurité, M. Tshisekedi,
avant son transfert dans la province orientale, était
placé en détention sous l’autorité du général Mahele
(responsable du SARM -Service d’actions et de
renseignements militaires à l’époque) dans le cadre de
l’opération décidée par le Conseil national de sécurité.
Arrivés sur place, nous avons trouvé le professeur
Mongala dans le bureau du général Mahele. J’ai alors
demandé au général Mahele ce que le professeur faisait
dans son bureau. Il me dira qu’il a été accusé par un
de ses frères qui exerçait la fonction de secrétaire
général à l’AND (chez Ngbanda) d’être responsable d’une
cellule de l’UDPS. Nous demanderons alors au général
Mahele de nous indiquer où Etienne Tshisekedi allait
passer la nuit. Il était hors de question qu’il passe la
nuit dans un bâtiment prévu pour la détention de
militaires. On lui suggéra de prendre contact avec
Ngbanda pour que M. Tshisekedi soit transféré à l’AND,
lieu prévu pour de telles détentions. Le général Mahele
refusera d’entrer en contact avec Ngbanda. C’est
pourquoi nous lui avons demandé d’utiliser son directeur
de cabinet, le colonel Moliba, neveu de Ngbanda. Le
général Mahele nous dira que 0h00 passé, il ne pourra
plus rien faire. Quelques instants plus tard, le général
nous appellera pour nous dire que Ngbanda est d’accord
pour que M. Tshisekedi soit transféré dans ses services
à l’AND. Prétendre que le général Mahele voulait
injecter le virus du Sida à M. Tshisekedi est faux. Le
président, s’étant rendu compte du manque d’objectivité
des rapports de l’AND sur M. Tshisekedi, a chargé Goga,
le général Mahele et moi, en tant que membres du Conseil
national de sécurité, de prendre ce dossier en main et
de lui faire des rapports impartiaux. J’ai mis, à la
disposition de Tshisekedi, le capitaine médecin
Kovangbandi Koyalibo, alors médecin militaire de 2ème
classe. C’est grâce aux différents rapports de cet
officier que le président Mobutu a été amené à libérer
Tshisekedi. Celui-ci avait notamment fait une grève de
la faim de 11 jours. Le président Mobutu fera venir de
Kinshasa à Gbadolite Madame Marthe, épouse Tshisekedi.
Je me suis rendu avec Goga à Buta à bord d’un avion
Kinger pour chercher la sœur de Tshisekedi et son mari
(le magistrat) et les amener à Gbadolite. Une réunion
sera organisée par le président Mobutu avec M.
Tshisekedi, Madame Marthe, la sœur de Tshisekedi et son
mari (le magistrat). Le général Mahele, Goga et moi
avons assisté à cette réunion. Si Ngbanda souhaite un
rapprochement avec Tshisekedi, il doit agir
différemment. Il ne doit pas attaquer les morts parce
qu’ils ne peuvent pas se défendre.
Personnes à consulter en
cas de contestation :
-
le professeur Nzege, député PPRD
-
le professeur Ndolela, sénateur
MLC
-
l’ambassadeur Kokule
-
l’ambassadeur Nzapa
-
l’ambassadeur Bongo Lega