La publication partielle des résultats du deuxième tour des élections présidentielles par la Commission Electorale Indépendante provoque des insomnies dans beaucoup de salons politiques à Kinshasa. En effet, depuis l’annonce de l’organisation du deuxième tour fixée à la date du 29 octobre 2006, l’on a senti une certaine agitation dans les milieux politiques congolais. Les gens ont compris sans doute que le moment était venu de se positionner dans l’un ou l’autre camp.
Comme il fallait s’y attendre, presque tous les candidats malheureux du premier tour des présidentielles ont rejoint Jean Pierre BEMBA dans le RENACO, le Regroupement des Nationalistes Congolais. Ils ont décidé de créer l’Union pour la Nation, une plate-forme politique qui s’est engagée à soutenir BEMBA dans sa campagne pour la conquête du pouvoir au Congo. Cette plate-forme regroupe ainsi, tous les perdants du premier tour comme Roger LUMBALA, OLENGANKOY, Justine KASAVUBU, Wivine LANDU KAVIDI, LUNDA BULULU, Dr.MATUSILA, Oscar KASHALA, NZUZI wa MBOMBO, Gérard KAMANDA, LIKULIA BOLONGO, MOKONDA BONZA, MBOSO KODIA etc. Comme on peut le constater à la lecture de l’acte constitutif de cette plate-forme, on a affaire à un véritable panier à crabes, un regroupement d’aigris qui dès le départ, en voulaient au Président Joseph KABILA qu’ils ont vilipendé et traité de tous les maux. Ce sont donc ces mêmes personnages qui ont choisi de soutenir le leader du MLC et qui ont juré de ne jamais accepter KABILA comme Président de la République Démocratique du Congo.
L’Union pour la Nation avait un objectif à sa création. Porter BEMBA à la magistrature suprême par tous les moyens. Elle a tout mis en œuvre pour réussir cet objectif. Mais elle a vite compris en partant des analyses des réalités politiques du moment au pays, qu’elle ne pouvait pas compter sur une mobilisation totale de la population afin de la convaincre à voter pour BEMBA au second tour.
Elle savait que l’Est du pays constituait la base naturelle de Joseph KABILA et que la Province Orientale, le Katanga, le Nord-Kivu, le Sud-Kivu et le Maniema regroupant pour elles seules comme provinces, plus de 60% de l’électorat, étaient acquises totalement au candidat du peuple.
L’Union pour la Nation s’est vite rendue compte que la constitution de l’Alliance pour la Majorité Présidentielle à laquelle se sont joints le Parti Lumumbiste Unifié (PALU) d’Antoine GIZENGA et l’Union des Démocrates Mobutistes (UDEMO) de Nzanga MOBUTU, allait damer les pions à BEMBA dans l’Ouest du pays notamment à Kinshasa et dans le BANDUNDU où il fallait compter sur la popularité et le charisme de Gizenga dont le mot d’ordre à voter pour Joseph KABILA, devenait une sorte de prière pour ses nombreux fidèles. Les résultats publiés à ce jour par la CEI démontrent aisément que le Candidat du peuple a gardé intacte sa popularité à l’Est et a amélioré sensiblement sa côte dans les provinces de l’Ouest.
L’Union pour la Nation a aussi compris qu’il fallait changer de stratégie et miser sur la désinformation, la corruption des âmes et même la violence surtout à l’Est où il fallait par tous les moyens, semer le virus de la peur dans le but d’espérer diminuer le taux de participation des électeurs qu’il fallait ramener à moins de 50%. Cela ne pouvait être possible que si l’Union réussissait la campagne de démobilisation des électeurs dans cette partie de la République.
C’est seulement de cette façon que la bande à Bemba pouvait espérer remporter la victoire au second tour. Et la litanie de ses plaintes nous donne raison car il est dit dans la déclaration rendue publique ce mardi 14 novembre 2006 et lue devant la presse par LUNDA BULULU que personne ne peut comprendre que le taux de participation à l’Est ait franchi le cap de 80% alors que tout portait à croire avec les analyses des observateurs à l’ouverture des bureaux de vote le 29 octobre, que ce taux n’allait pas dépasser le 50%. L’UN est restée figée sur les rapports de ses témoins à l’ouverture des bureaux de vote et a été déroutée par la tournure des événements dans l’après-midi. Et il faut comprendre le sens de son mutisme après qu’elle ait été informée de l’engouement qui a caractérisé les populations de l’Est venues nombreuses s’acquitter de leurs obligations. En réalité, les gens dans cette partie de la République, tenaient à prouver qu’ils voulaient réellement mettre fin à cette longue transition qui les a clochardisés et à marquer par leur participation massive à ces élections, leur engagement à faire de la RDC, un véritable pays de droit.
Conscients des avances certaines que prenait le candidat de l’AMP à travers les résultats provisoires affichés au niveau des bureaux de vote, résultats acceptés même par ses propres témoins, l’Union pour la Nation s’est permise en violation de la constitution, de la loi électorale et des accords signés entre l’AMP et l’UN devant les représentants de la MONUC et de la CEI, de prendre le raccourci dans la contestation des résultats et dans la désinformation en montant son propre centre de compilation des résultats et en enjoignant les médias sous son contrôle, à débuter une campagne d’intoxication, de désinformation et d’incitation à la haine afin de cacher son échec. Sans légitimité ni mandat, la bande à Bemba est allée jusqu’à le proclamer vainqueur du second tour avec 52,3% des suffrages. Ce résultat sorti de l’imaginaire de quelques membres de l’U.N. est une démonstration de la petitesse d’esprit qui caractérise ses auteurs. C’est aussi un signe annonciateur du déclenchement d’une rébellion qui ne dit pas son nom. L’Union pour la Nation veut entraîner le pays dans la guerre. Et le ton utilisé sur les antennes des radios et télévisions appartenant à Bemba pour annoncer cette pseudo victoire du chairman, prouve que lui-même par son attitude devant pareil cas de trahison de la nation par son entourage, est décidé à replonger le pays dans le chaos ! Quel joli cadeau veut-il offrir aujourd’hui à ce peuple qu’il aime tant et à qui il a promis la sécurité, la justice et le développement ?
Aussi faut-il le souligner, la loi électorale demeure claire en ses articles 68, 69, 70, 71, 72, 73, 74, 75 et 76 en ce qui concerne le contentieux des élections. Personne en dehors des institutions compétentes reconnues par la loi (la CEI et la Cour Suprême de Justice), ne peut s’arroger le droit de procéder à la publication des résultats sous peine de courir des sanctions prévues par la loi en cette matière. Agir autrement serait suicidaire et l’auteur de pareille déviation ne serait qu’un « hors -la loi » devant être traité comme tel !
Si l’on peut reconnaître le droit à tout citoyen de chercher à connaître la vérité sur le vote, l’on se doit de dire aussi que la C.E.I. a voulu jouer réellement à la transparence en se conformant à la loi électorale qui enjoint aux responsables des bureaux de vote et des centres de compilation d’afficher après les opérations de dépouillement, les copies des délibérations pour que le public puisse prendre connaissance des résultats et s’imprégner de la rigueur entourant le traitement des dossiers ainsi que le degré de transparence voulu par elle.
L’entourage de Bemba a cédé à la panique ! Le clan a fait une fuite en avant après qu’il ait constaté que les résultats publiés par la CEI, la seule institution autorisée par la loi à jouer ce rôle, donnaient comme gagnant le Président KABILA qui devance son challenger de plus de 2 millions de voix. En effet, au 14 novembre, la CEI a dépouillé plus de 99% de bureaux de vote et les résultats sont éloquents en ce qui concerne cette avance du Candidat du peuple.
Aussi, tous les résultats publiés à ce jour, reflètent-ils la réalité des données reprises sur les fiches signées par les témoins de deux candidats et même des observateurs nationaux et internationaux. L’honnêteté intellectuelle exige que l’on puisse reconnaître ses failles, ses insuffisances ! Cela serait contraire dira-t-on dans la logique politique congolaise ! Mais l’on se doit tout de même de se rendre à l’évidence sur le terrain de la démocratie et d’accepter de reconnaître la victoire de l’autre en tenant un langage clair envers son électorat qui devra se préparer pour la prochaine législature. Il n’y a pas de honte en cela. L’élégance politique et le fair-play exigent certaines attitudes qui appellent à un dépassement de soi et à une certaine honnêteté.
L’Union pour la Nation qui crie à un « hold-up électoral » avant le coup de gong de la CEI, base ses turpitudes sur les élucubrations du Cardinal Archevêque de Kinshasa, Mgr ETSOU qui dans une interview accordée à la trop controversée journaliste de la Radio France Internationale, Ghislaine DUPPONT, a osé remettre en cause le sérieux de l’organisation des élections par la CEI. L’on connaît la position du Cardinal Etsou en ce qui concerne le processus électoral en cours. L’on sait qu’il a difficile à s’éloigner de ses attaches régionalistes et pense encore à toutes les faveurs qu’il recevait de Mobutu, son frère de la même province. Il croit qu’il faut faire partir les « étrangers » du pouvoir comme on le dit dans leurs cercles sectaristes. Et il a toujours soutenu ces hérésies séparatistes et divisionnistes dans ses pamphlets dominicaux. Il se fait aussi qu’il a quitté le pays avant les élections pour des soins médicaux en France et là, il a été bien accueilli par ses compères regroupés au sein de l’APARECO autour du « TERMINATOR », ex-chef de la police secrète de Mobutu, Honoré NGBANDA. C’est ce groupe qui est à l’origine du fameux slogan sur la « congolité » défendu par la bande à Bemba. Ce gang a fini par comprendre que ce slogan risquait d’emporter Bemba lui-même qui ne peut pas se targuer d’être plus congolais que Kabila dont l’arbre généalogique a des racines enfouies dans le sol congolais dans le territoire de Manono au Katanga, ce qui n’est pas le cas pour le chairman dont les parents sont tous des étrangers (portugais et centrafricains).
L’Union pour la Nation a bel et bien reçu les réponses aux requêtes qu’elle a introduites auprès de la CEI. Alors que l’ex Ministre du plan, SESANGA représentant l’UN aux pourparlers parrainés par la MONUC a accusé réception des lettres et documents du Président de la CEI, Jean Pierre BEMBA a affirmé qu’il n’avait rien reçu de la CEI comme suite à ses revendications. Ceci traduit une certaine cacophonie et un désordre qui règnent à l’UN. On ne peut pas comprendre cette attitude irresponsable de Bemba et d’une bonne partie de son entourage qui cherchent à semer le doute dans les esprits. Pourtant, on a vu le secrétaire général du MLC, Thomas LUHAKA reconnaître qu’il a reçu les correspondances de l’Abbé Président dont les contenus reflètent la transparence et le professionnalisme exigés à cet organe. Les réponses de la CEI, résultant de la contre vérification effectuée sur terrain en présence des délégués de toutes les parties, démontrent aussi le sérieux avec lequel cette institution a eu à organiser ces élections. La CEI est allée jusqu’à donner le tableau récapitulatif des votes par dérogation sur toute l’étendue de la République. Il le fallait bien car dans ses revendications, la bande à Bemba a prétendu que plus d’un million de voix auraient été accordées à Joseph KABILA par ce truchement. La CEI a donné la preuve que c’est la province de l’Equateur ayant voté à plus de 90% pour Bemba qui a plus recouru à ce type de vote avec plus de 600.000 électeurs ayant voté par dérogation ! On se retrouve là devant le cas du voleur qui crie au voleur!
Pour ce qui est des provinces de l’Est qui ont voté pour le Candidat du peuple, seuls pratiquement 120.000 électeurs ont usé de cette voie de vote par dérogation pour accomplir leur devoir civique. De quel côté se trouverait alors la tendance à vouloir frauder par cette pratique? Est-ce de cette façon qu’on peut prétendre diriger demain la RDC qui a pourtant besoin des dirigeants responsables, honnêtes et sérieux ?
En proclamant Jean Pierre BEMBA comme vainqueur du second tour par la magie du centre de compilation illégal de l’UN situé dans sa résidence, ses lieutenants ne partageant pas les vues de nombreux cadres du MLC, l’enfoncent dans un abîme d’où il sortira difficilement. En effet, la fameuse déclaration de l’U.N. lue par Lunda Bululu, n’a été signée que par les candidats malheureux aux présidentielles de juillet 2006 et quelques autres boudeurs et aigris comme le pasteur Théodore NGOY, Eve BAZAIBA, Annie SALUMU, DINDO etc. Ceci appelle certaines considérations car pareille situation démontre qu’il y a réellement un problème au niveau de cette plateforme politique. Le style même laconique avec lequel se termine le texte, prouve que les signataires ne sont pas sûrs des effets qu’ils croient produire avec cette déclaration. On se demande même les raisons qui les ont poussés à jeter pareil discrédit sur Bemba en ce moment important de l’histoire de notre pays. Pourtant, en gardant son calme et en soulevant démocratiquement ses revendications dans le respect des lois de la République, Jean Pierre BEMBA pouvait sortir grand de ce jeu. Et les caciques de sa plateforme le savent et c’est pour cette raison qu’ils l’ont poussé à la faute afin qu’il continue à couler avec eux dans le même bateau ! En le laissant se plier au verdict des urnes, il sauvait seul sa peau et tirer ainsi son épingle du jeu ! Fallait-il le laisser sortir seul du bourbier ?
Le torchon lue par la bande et qui se termine par des recommandations à la CEI, reste une démonstration de l’aventurisme politique devenu une source de « moyens de subsistance » pour beaucoup d’opérateurs politiques congolais. Ces mauvais propagandistes de l’U.N. ont cru justifier par cette complainte ridicule, les fonds reçus du chairman essoufflé déjà sur le plan financier, pour sa dernière campagne. Ils ont failli à leur mission et pour échapper au courroux de l’homme de Gemena, ils ont choisi une voie prétendument salutaire pour eux, ignorant qu’ils se ridiculisaient à outrance et qu’ils perdaient tout crédit auprès de la population qu’ils croient ignorante alors qu’elle suit du jour au jour, la suite du processus électoral en qui elle a foi du reste et dans lequel elle fonde son espoir pour lui donner des dirigeants capables de la sortir du marasme dans lequel elle croupit depuis des décennies.
Aussi, l’on est en droit de se demander pourquoi l’UN n’émet-elle pas les mêmes réserves car, satisfaite, pour les élections législatives organisées au même moment par la CEI et pour lesquelles elle a aligné des candidats ?
« SIC TRANSIT GLORIA MUNDI » ! L’Union pour la Nation aura démontré ses limites en tant que structure politique pouvant réussir la conquête du pouvoir par la voie démocratique. Elle aura signé la mort politique du chairman ! Ainsi passe la gloire du monde dit-on ! Ainsi se termine l’histoire du chien errant qui, à force de fourrer son museau dans toutes les poubelles, a eu sa queue coupée !
« Adieu donc veaux, vaches… »! Souhaitons bonne chance au chairman et rendez-vous dans cinq ans ! « ITE MISSA EST, DEO GRATIAS » !
Bwana MUSEMA KWELI