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LETTRE
OUVERTE
A
MONSIEUR HONORE NGBANDA ZAMBO KO ETUMBA
Président de l’A.P.A.R.E.C.O.
Par Jean Kalama-Ilunga
Concerne :
Mise au point
Monsieur
et cher compatriote,
J’ai
longtemps hésité avant de vous adresser cette lettre ouverte qui,
pour ma part, n’est qu’une simple mise au point, mais indispensable,
pour planter les jalons en vue de baliser correctement les voies
appropriées pour un avenir harmonieux pour notre pays en donnant à
nos compatriotes un éclairage sur certaines questions qualitatives
souvent détournées de leur contexte par la manipulation et la
désinformation insidieuse pour des intérêts personnels.
Après la chute
du système que le maréchal Mobutu avait conduit pendant 32
ans, vous vous êtes, en effet, évertué à réécrire les faits de la
triste épisode de l’histoire de la descente aux enfers du peuple
congolais. A ce propos, vous vous êtes forgé une image manichéenne
grâce à un montage méthodique qui a consisté à vous positionner au
dessus de la mêlée en vue de vous départir de vos responsabilités au
sein du système de la 2ème république qui a conduit notre
pays vers la déchéance structurelle dont les effets néfastes
s’imposent même aujourd’hui !
Il est vrai que
votre position de pouvoir dans ce système vous avait facilité
l’accès à toutes sortes d’informations, mais, au travers vos écrits,
nous avons décelé des distorsions qui, malheureusement, rendent
indigeste le contenu et fragilisent forcément votre crédibilité sur
les questions de politique intérieur.
Par conséquent,
pour éclairer la lanterne de l’opinion et les esprits fragiles qui
se laissent manipuler par n’importe qui et pour n’importe quoi, en
accord avec mes camarades, j’ai pris la liberté d’expliquer votre
démarche au travers le décorticage de deux problématiques qui
résument votre action à savoir la problématique dit à l’usage des
nigauds et la problématique véritable dissimulée ou non.
A. De la problématique véritable
Monsieur le
Président de l’A.P.A.R.E.C.O.,
Seules quelques
personnes autour de vous profitent de cette problématique qui,
d’ailleurs, n’est plus un secret pour personne à savoir : conquérir
le pouvoir politique en RDC par tous les moyens. Je ne vous condamne
pas pour cela parce que je considère que, en tant que congolais,
vous jouissez du droit légitime d’avoir des ambitions politiques au
plus haut niveau.
Que vous ayez
fondé et pris la tête d’une organisation (APARECO) pour donner les
moyens à votre ambition d’atteindre son objectif, c’est de bonne
guerre, même si la manière (vote par applaudissements dans un
congrès expéditif rappelant que vous n’avez pas perdu le réflexe « parti
bo moko MPR ! mokonzi bo moko ! » où le débat n’avait pas de
place et qui ne laissait aucune chance à une autre ambition de
s’exprimer parce que tout était déjà verrouillé) [ voir vidéo
congrès APARECO]
Que les gens,
en bons moutons de panurge, applaudissent quelques tournures de
phrases en réponses toutes faites allant dans le sens leur amour-
propre et qui souvent ne posent pas les vrais problèmes, bravo! Vous
les avez eu. Mais le désenchantement ne va pas tarder !
B.
De la Problématique à l’usage des nigauds
Monsieur
le Président de l’APARECO ,
A
la problématique ci-dessus, vous avez concocté, pour vous vendre (
politiquement parlant), une autre problématique dit à l’usage des
nigauds. Bien que certains diront que c’est aussi de bonne
guerre, c’est que nous condamnons, c’est la perversité de son
contenu et la dangerosité, à moyen- long terme, des actions qui
accompagnent votre démarche, qui, loin d’être collective comme vous
le prétendez, est éminemment personnelle !
Avec
ce procédé frauduleux, il est évident que vous avez bouleversé la
réflexion de certains de nos compatriotes en leur inculquant le faux
comme base et vous savez bien que cette base ne peut produire que de
la médiocrité dont l’illustration est cette violence dans laquelle
plongent aveuglement, sans esprit critique, certaines petites
associations d’agités autour de vous qui se nourrissent de la
confusion et de l’amalgame que vous êtes entrain d’installer !
A ce propos, je
rejoins Albert Kisonga Mazakala qui a écrit sur vous : « on
voit que Ngbanda est loin d’avoir réellement pris la nature des
enjeux. En fait, il tente de refaire le MPR comme le défunt parti du
Maréchal lequel avait dénoncé les dix fléaux… », il ajoute par
ailleurs : « Il peut élaborer quelques analyses sectorielles
intéressantes, mais on est loin d’une analyse globale plongeant au
cœur de l’histoire et de la culture de l’adversaire et des
stratégies crédibles pour y faire face ! ».
Ci-après, votre
panoplie à l’usage des nigauds :
1. De
l’envahisseur ruandais
Pour vous
ménager une crédibilité patriotique, vous encensez dans la
perception collective le Ruanda comme ‘’une puissance régionale’’
qui a occupé la RDC par la faute de Kabila !
Lorsque vous
affirmez dans votre livre intitulé les derniers jours du Maréchal
Mobutu :
« LD Kabila
était une marionnette de Museveni qui l’a présenté aux
américains… » et lorsque vous écrivez dans votre lettre ouverte
adressée au Président Joseph Kabila : «dans l’unique but
d’empêcher l’implantation officielle de l’APARECO au pays. Pourtant,
l’objectif officiel et déclaré de l’APARECO est de s’attaquer au
plan diaboliques des étrangers qui ont envahi nos terres, qui ont
noyauté nos institutions politiques et militaires», non seulement
vous démontrez effectivement que vous êtes à côté de la plaque mais
en plus vous vous trompez de cible et créez l’amalgame et la
confusion !
Comment un
homme des renseignements comme vous se permet-il de diffuser des
inepties pareilles qui ne correspondent pas à la réalité si ce n’est
pour diffuser de l’intox ? Si de la position stratégique que vous
occupiez dans les rouages de la direction du système de la 2ème
république vous n’étiez pas capable de voir d’où venait le danger,
que le Ruanda, dans la stratégie, n’était que la voie de passage
pour des troupes, des armes et du matériel en provenance de l’Angola
et que Museveni ne servait que de caution pour en masquer les
préparatifs, croyez-vous qu’aujourd’hui, dans l’état de complexité
ambiant en RDC, vous disposez des outils crédibles d’analyse pour
démêler la crise de la région des Grands lacs ?
Les acteurs qui
ont planifié et programmé avec LD Kabila la chute de votre
système de la 2ème république tel Pierre Victor Mpoyo
ne me contrediront pas !
Monsieur le
Président de l’APARECO ,
Vous
avez été collaborateur du Tutsi ruandais Barthélemy Bisengimana
Rwema qui, pendant 10 ans, était le directeur de cabinet du
Maréchal Mobutu. Pendant ces dix longues années, le Ruandais
Bisengimana, sous votre nez, a installé ses réseaux tutsis
ruandais dans l’administration, le comité central, les entreprises
publiques, il a même obtenu la nationalité collective pour les
réfugiés tutsis ruandais qui s’en prévalent même aujourd’hui.
En 1994, après
le génocide au Ruanda, avec Kengo wa Dondo comme 1er
ministre du Maréchal Mobutu, des millions de hutu ruandais
ont été autorisés de traverser la frontière pour trouver refuge dans
notre pays.
A la lumière de
ce qui précède, lorsque, dans votre quête de vous amender, vous
essayez incessamment de faire porter le chapeau de la présence
ruandaise en RDC à Kabila, vous faites délibérément une
distorsion qui ne vous honore pas. Imposer aux congolais cette
distorsion procède de la malveillance et de la manipulation par
l’intoxication qui sert l’ennemi paradoxalement!
2.
Des Ex-Faz
Dans
votre livre cité ci-dessus, en page 45, vous affirmez : « Après
plusieurs années à la tête de services de renseignements et de
sécurité, j’ai été chargé, sur instructions personnelles du Maréchal
Mobutu, de concevoir et de mettre sur pieds la première mouture des
services militaires et de renseignements et d’action et j’ai assuré
personnellement la formation du premier responsable de ses services
( transformation et détournement de la mission du service de
renseignement militaire G2 en police politique) »,
Vous
continuez toujours en page 45 : « j’ai ensuite été appelé par le
Président Mobutu à assumer les fonctions de ministre de la Défense
nationale, de la sécurité du territoire et des anciens combattants
dans 3 gouvernements de transition… j’ai servi au poste de
conseiller spécial du Chef de l’Etat jusqu’à la fin du régime du
Maréchal Mobutu… je ne pouvais pas donc ne pas m’intéresser aux FAZ
auxquelles j’ai été étroitement liés par mes différentes fonctions.
»
Face aux
conflits, les FAZ, sous votre responsabilité, s’étaient effondrées
comme un château de cartes !
Monsieur le
Président de l’APARECO ,
Le samedi 2
novembre 1996, à la Conférence internationale sur le Zaïre à
Blankenberg, l’ordre du jour concernait la crise à l’Est du
Zaïre, au moment où j’étais sur le podium entrain de présenter ma
communication sur les défaillances des FAZ prévoyant une débandade,
et je disais entre autre : « la volonté de se battre ne se
construit pas à coup de bourrage de crâne, mais par le sentiment de
mener une guerre juste. Cette volonté d’aller au combat procède à la
fois du consensus social et de la perception de la nature du
conflit.
Au
Zaïre malheureusement, des pratiques politiques incroyables ont,
après avoir détourné les militaires de sa mission, contribué à
démobiliser toutes les volontés !... Comment l’officier et le soldat
zaïrois peuvent-ils être motivés ou armés moralement pour défendre
le pays dés lors qu’ils sont très mal payés et difficilement voire
dès lors qu’ils sont confrontés au quotidien à l’oppression sociale
telle l’expulsion des camps militaires, sur ordre des autorités, des
veuves et des enfants de leurs collègues morts au combat !… »,
un fax m’avait été transmis annonçant la chute de Goma, une nouvelle
qui corroborait mon analyse.
Pendant que
cette déchéance des forces armées se réalisait sous vos yeux et sous
votre responsabilité directement ou indirectement, ce n’était pas
votre préoccupation d’améliorer la qualité de vie de nos
compatriotes militaires des FAZ , au contraire, vous vous étiez
engagés avec les autres dans la lutte de positionnement et
d’influence autour du Président Mobutu. A ce sujet, Dungbia qui
faisait partie des services vous qualifie de « vipère » dans son
livre Mobutu et l’argent du Zaïre.
Au
regard de ce qui précède, à vous entendre donner de leçons de
sécurité et de défense du territoire voire, à vous entendre vous
émouvoir sur la condition du peuple aujourd’hui lorsqu’on sait que
vous étiez l’artisan de la rigidification du système anti-peuple en
votre qualité de conseiller spécial du Président Mobutu, en dépit du
fait que, dans vos récits, vous vous attribuez les beaux rôles,
d’aucun s’interroge si vous êtes frappé d’amnésie ou si vous vous
moquez tout simplement du monde !
Vous aviez, par
exemple, pour sauver le système, fait la démarche pour étouffer les
aspirations du peuple au changement en tentant de faire appel aux
troupes Nigeriane et Togolaise, confirmée par cette remarque du
Président Eyadema que vous avez vous-même diffusée : « Mais
monsieur Ngbanda,…, vous avez certainement suivi qu’hier,
j’étais à Lagos, n’est-ce pas ? Vous êtes venu plus de deux fois
voir le Président Abacha et moi-même, à la demande de mon
frère Mobutu, pour l’envoi de troupes en vue de protéger la capitale
pour éviter un affrontement des fractions hostiles aux FAZ ainsi que
des pillages, et pour empêcher la chute de la capitale et mieux
négocier les accords de paix. Nous avons marqué notre accord ! Les
avions, les hommes et les matériels sont prêts depuis une semaine à
Lagos…. »
3.
De la Parole de Dieu
« Donner à
César, ce qui est à César et à Dieu, ce qui est à Dieu ! »
Je suis
profondément croyant, en revanche, je considère comme une
supercherie et un abus lorsque la foi en Dieu est transformée et
utilisée comme fond de commerce pour des intérêts de mobilisation
politicienne. C’est aussi une duperie lorsque la relativité de sens
de la parole de Dieu est usurpée comme précepte de gestion de la
cité.
Monsieur
le Président de l’APARECO,
Je
ne vous reproche pas ni ne vous juge sur votre foi en Dieu au
contraire, je m’en réjouis, mais là où le bât blesse, c’est
l’exacerbation qui ressort de l’utilisation de la parole de Dieu qui
connote de l’opportunisme politicien . Ce n’est pas aujourd’hui que
vous avez commencé, vous aviez fondé une Eglise à Kinshasa, mais
après votre départ, que n’a-t-on dit sur les armes qui étaient
cachées dans votre ‘’maison de Dieu’’ à Kinshasa ?
4.
D’Etienne Tshisekedi
Monsieur
le Président de l’APARECO ,
Durant de
nombreuses années, vous étiez à la tête des services de sécurité et
de renseignements sous le régime de Mobutu, je vous le
rappelle !
Durant ces
longues années pendant lesquelles vous pilotiez ces services, de
nombreux compatriotes étaient arrêtés, assassinés, traqués à
l’intérieur comme à l’extérieur de notre pays pour leur opposition à
votre régime.
L’opération
‘’Lititi !Mboka !’’ ou massacre des étudiants au campus
universitaire de Kinshasa n’est pas une fiction, le massacre des
chrétiens lequel vous reconnaissez porter la responsabilité directe,
non plus !La liste n’est pas exhaustive.
L’épisode
anodine d’aller au secours d’Etienne Tshisekedi pour le
sauver d’un empoisonnement par le virus du Sida (votre intervieuw au
Potentiel) n’est autre que de la poudre de perlimpinpin qui ne peut
pas servir à vous amender auprès de ses partisans au regard de
toutes les exactions que vous aviez organisées pour briser toutes
les velléités
d’opposition à votre régime !
A
ce propos, Collette Braeckman a écrit dans son livre ‘’les
dinosaures’’ : « Si la vigilance de l’opinion internationale
empêcha la liquidation physique des fondateurs [udps], les militants
de base, eux payèrent très cher leur adhésion ‘’au deuxième parti’’
. Dans tous les quartiers de Kinshasa, les informateurs étaient sur
les dents. Ils surveillaient les maisons suspectes, détectaient les
réunions clandestines ou s’y infiltraient. Les opposants réels ou
présumés perdaient leur emploi, se voyaient expulsés de leur maison,
privés de leur parcelle… Ils étaient arrêtés et détenus dans les
multiples centres de détention de tous les services de sécurité,
déportés ou portés disparus. A chaque manifestation, les militaires,
les gendarmes se déchaînaient, frappaient les femmes et les
violaient, emmenaient les hommes. On tira sur les foules, on tua à
l’arme blanche, perquisitions nocturnes et les tortures se
multiplièrent. …
L’opinion étrangère a longtemps focalisé son attention sur les
péripéties qui agitaient le groupe des fondateurs de l’udps, perdant
de vue que la base du parti, elle, fut victime durant des années
d’une entreprise de terreur délibérée.
»
Vous
étiez à la tête de cette entreprise de terreur ! Vous pensiez et
vous avalisiez ! Les victimes de cette entreprise de terreur n’ont
pas oublié !
Etienne
Tshisekedi et Mobutu qui se connaissaient bien, étaient
en mesure de trouver un compromis, mais vous vous étiez constitué en
barrière en installant une opposition subtile qui bloquait tout
dialogue entre lui et Mobutu !
En novembre
1996, Tshisekedi rendit visite à Mobutu à Nice, leur deal
avait consisté à ce que Tshisekedi retrouve son poste de premier
ministre à son retour à Kinshasa, vous vous y étiez opposé
publiquement et vous aviez tout organisé pour faire échouer cet
arrangement.
5.
De Joseph Kabila
Monsieur le
Président de l’APARECO ,
En
lisant votre lettre ouverte adressée au Président Joseph Kabila,
j’ai retenu sur l’ensemble de son contenu une forte émotion
paranoïaque qui procède de la déformation professionnelle qui a pris
le pas et qui s’est imposée sur votre expression politique. A votre
niveau, l’amalgame et la confusion que vous avez distillés au
travers cette lettre, cachent mal la malveillance.
Comprenez une
fois pour toutes que la transition politique est la propriété du
peuple congolais, que la gestion 1+4 lui avait été imposée et que
Joseph Kabila était dépossédé de ses prérogatives qui ont été
attribuées à des marionnettes comme Bemba et Ruberwa
qui, jusqu’aujourd’hui, sont encore sous influences l’un de
Museveni et l’autre de Kagame !
Dans
cette lettre ouverte, pas une fois, vous n’avez cité les autres
membres du pouvoir 1+4 que vous avez ménagé délibérément pour des
raisons évidentes de manipulation.
Pour
Jean-Pierre Bemba, cela se comprend pour autant que vous êtes
sortis, tous les deux, de la même moule !
Pour Azarias
Ruberwa, la proposition que vous a faite le Président Laurent
Gbagbo de la Côte d’Ivoire et que vous vous êtes empressé d’accepter
consistant à vous faire rencontrer Paul Kagame du Ruanda pour
que ce dernier vous soutienne pour le poste de 1er
ministre, n’est-elle pas à la base de votre revirement à 180° à
l’égard du suppôt des envahisseurs ruandais ?
Pour un
analyste averti, l’analyse structurelle de l’échiquier politique de
la RDC en ce moment devra tenir compte du fait que Joseph Kabila
est objectivement une victime de ce système 1+4 qui l’a dépouillé
des outils du pouvoir qu’il possédait et qui l’avait privé de
réaliser l’objet de sa mission.
En
chargeant personnellement Joseph Kabila des déboires du 1+4,
non seulement vous vous trompez de cible, mais vous démontrez , en
passant du coq à l’âne comme argumentaire, jusqu’à quel point la
légèreté de vos analyses frise le délire!
Notre
pays n’a pas besoin de se reconstruire sur des mensonges de
politique politicienne ni sur l’amnésie collective ! Parce que vous
avez choisi de vous battre avec l’arme du mensonge et de la
calomnie, vous méritez d’être combattu avec l’arme de la vérité
toute nue !
Ma
considération patriotique.
Jean
Kalama-Ilunga
Coordonateur de
l'UCDP
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