Le jeu de la provocation délibérée donne un ticket gratuit à JP Bemba pour une descente aux enfers
Il a grandi dans l’aisance totale. La pauvrété, la faim, le manque d'argent, il ne connaît pas. Il n’a jamais connu une vie de misère, ce "fils à papa" qu'ils disent "bien né"! Tout lui était permis. Malheureusement, face à ses responsabilités dans la gestion des humains, cette frange de vie l’a rattrapé.
En étant sûr que l'impunité était à l'ordre du jour, il pensait qu' il pouvait encore répéter ses sketchs sans être inquiété.
Aujourd'hui, pour avoir défié l’ordre des autorités de mettre à la disposition de l’armée régulière sa milice personnelle, Bemba passe des belles nuits de cauchemar de sa vie dans l’Ambassade de l’Afrique du Sud.
De la provocation délibérée pour un agénda caché?
Élu sénateur en janvier dernier, Bemba a toujours refusé de voir ses soldats affectés à sa sécurité intégrer l'armée régulière, estimant que sa sécurité n'était pas garantie. Cette fois-ci, Il est allé plus loin en lançant
même en lingala que le chef d’Etat major Kisempia devrait envoyer ses soldats à Kahemba ou ailleurs, et que, s’ils veulent l’attaquer qu’ils essayent. Voila les quelques mots qui ont fait déborder le vase: Un simple citoyen qui donne l'ultimatum à une armée légitime. Et plutard, il se permet de lancer un appel au calme.
Il faut retenir que Bemba, imbu de sa personne, n'a jamais fait un effort en vue de se départir de l'étiquette de rebelle, sauf peut-être celui d’ignorer qu’il n’était qu’un simple sénateur comme les autres. Plus encore, il n'a jamais eu des considérations respectueuses à l'égard de ses collaborateurs ni pour les nouvelles autorités légitimes en RDCongo! D'aucun s'interroge aujourd'hui pourquoi s'est-il fait élire sénateur?
En fait, Bemba a continué à vivre de ses illusions d'assoiffé de pouvoir en entretenant ses habitudes et comportements de la rebellion où il pouvait crier sur ses collaborateurs ou les insulter sans la moindre reserve! Ceux qui le connaissent, disent qu'il est sans personalité, complexé, paranoïaque, faible face à la gente feminine, enclin aux pratiques fétichistes et à la magie. Son ancien bras droit, le colonel Karawa, l'avait qualifié "de chef maffieux déguisé en homme politique".
Dilettante en politique: La politique, ce n'est pas son truc
Bemba avait commis une grosse erreur lorsqu'il s'est détourné des "affaires", car la politique n’est pas fait pour lui. Il a prouvé cela durant ce bref parcours politique.
A cause de lui, le MLC a beaucoup souffert de fautes et d’erreurs. Comme tout bon entrepreneur véreux, il dirigeait son parti de manière dictatoriale en refusant toute contradiction d’idées et en ignorant les personnes qui constituaient la force de ce mouvement. Il a cru se refaire une beauté avec la création de l’UN, malheureusement, avec cette histoire composée des perdants tels que Olenga nkoy, Justine Kasavubu, et autres, il n’a fait que prolonger ses échecs. Echouer d’organiser ses mouvements, le MLC et l’UN, Bemba voulait transmettre ses virus d’échec partout.
Bemba exfiltré pour le Portugal : le conglomérat proconsulaire en RDC encense et impose l' impunité?
Plébiscité champion des mots, cette fois-ci Muana Mboka a très mal joué sa carte. Même ceux qui le supportaient se sont tous tus. Personne dans ce pays voudrait voir de nouveau le sang couler.
Depuis ce fameux jeudi soir où il a trouvé refuge à l'A
mbassade d'Afrique du Sud à Kinshasa, plusieurs charges pèsent sur lui. Il est poursuivi pour pillages et entretien de milice, que la
Constitution qualifie de haute trahison. Si l'immunité était levée, les autorités congolaises pourraient
demander à l'Afrique du Sud de leur livrer Bemba.
Finalement, Bemba paie le prix de son orgueil mélangé à une forte portion de naïveté. Il a oublié que les cinq ans passent très vite. Il pouvait bien s'engager pour la présidentielle de 2012.
Son départ annoncé pour le Portugal pour des "raisons de santé" (un moyen fallacieux de l'exfiltrer) n'a de signification que l'hypocrisie honteuse et la malveillance du "conglomérat proconsulaire" installé en RDCongo
qui encense l'impunité et impose le déni de la justice!
Aujourd’hui, Bemba risque de devenir un opposant
à distance, ce qui ne pas facile. Il n’a qu’a bien observer l’état de son frère Honoré Ngbanda, devenu au fil du temps un vrai parano. Lui aussi en déperdition, prépare un "grand coup" dit-il. Il compte créer la psychose par effet d'annonce sur son retour au pays! Aprés la fuite de Bemba, il se croit investi d'une mission providentielle de créer la pagaille en RDCongo! Ngbanda a encore la chance de continuer
à faire
ses bêtises à l’extérieur étant donné qu’aucune charge jusque-là ne pèse sur lui. Cela n’est pas le cas avec Bemba.
En prenant la poudre d'escampette aujourd'hui, Bemba prend le risque d'enclencher une procédure qui l'aménera un jour droit en prison. Ni le Portugal où il semble compter pour s'y rendre furtivement devrait garantir sa sécurité. En effet, la probabilité que le dossier en veilleuse de la Cour Internationale de Justice sur les abus perpétrés par ses sujets durant la rébellion refasse surface est très grande. Bemba risque d'être interpellé un jour dans un pays ou un autre.
Décidément, l’homme est souvent
la source de ses propres problèmes. Avec tous les privilèges qui lui ont été accordés comme ancien vice-président et chef d’orchestre de l’opposition, Bemba pouvait jouir d’une vie normale au pays près de ses partisans, ses amis et sa famille. En voulant tout gagner, Bemba vient de perdre tout. Non seulement il a mis le crédit de son mouvement
à
la poubelle, mais il s’est créé une équation difficile à résoudre.
Aujourd’hui on parle d’une opposition décapitée. Par qui? ou par quoi ? On sait jamais. Si non, par lui-même Bemba. L'UCDP considère que l'opposition s'exprime par les idées qu'on incarne pour répondre à l'objet de la politique qui est d'apporter le bien être à nos concitoyens! Quelles sont les idées que Bemba incarne pour qu'il puisse être représentatif d'une quelconque opposition politique? De dire cela, c'est n'importe quoi! Avec tout ce qui s’est passé; manque de manière, manque de diplomatie, manque de tack politique et de sagesse, la vraie question cependant reste à savoir si Bemba était réellement l’homme idéal à représenter l’opposition alors qu'il n'a rien! A dire que les diplômes ne font pas toujours de bons politiciens.
Georges Motingia
Commission consultative UCDP/ Europe