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Pour une ligne de démarcation politique mal tracée et mal définie en RDCongo : Risque d’une  gouvernance alambiquée et sans vision après les élections? 

 
Au lieu d’une ligne, c’est plutôt d’un fossé virtuel d’ordre idéologique camouflé par un vernis de comportement se traduisant souvent dans  le vagabondage des ’’acteurs’’ politiques frappés d’amnésie et de cécité qui fait que la République Démocratique du Congo doit avoir battu le record d’accumulation d’ illusions depuis 45 ans.
Depuis 1960, l’histoire de notre pays a effectivement tracé une ligne de démarcation politique, notamment pour un premier temps, en  opposant ceux qui s’étaient mis au service du néocolonialisme face à ceux qui avait lutté pour l’indépendance totale. Et au cours des années qui suivirent, les limites de cette ligne de démarcation étaient définies par la qualité des actes posés par les individus !
 
Ils ont tenté d’effacer la ligne de démarcation politique
 
32 ans de pouvoir de Mobutu avaient transformé les divergences politiques. Le parti unique MPR paraissait comme une tentative d’effacement de la nouvelle ligne de démarcation qui s’était dessinée au travers le rapport de force entre, d’une part,  les mobutistes zélés qui, au fur et à mesure, s’étaient imprégnés, jusqu’à la moelle, de l’idéologie prédatrice et destructrice et, d’autre part, ceux qui, apparemment minoritaires, se réclamaient de l’héritage idéologique lumumbiste en dépit de l’imposition de la pensée unique. Tata bo moko ! mokonzi bo moko ! Parti bo moko ! (un seul père ! un seul chef ! un seul parti !) !
Ainsi donc, ceux qui avaient osé marcher contre cette pensée unique, avaient  payé de leurs vies ou étaient devenus des reclus à vie !
 
 De la fourberie et de la forfaiture
 
De ce qui précède, on retient le traquenard huilé par une fausse promesse de réconciliation nationale qui avait précipité  les combattants de la liberté et de la lutte populaire Pierre Mulele, JBengila dans la gueule du loup pour être massacrés sauvagement sans jugement. Un autre scénario macabre pour une forfaiture institutionnalisée, le commandant Tshimpola et son régiment de l’ex-gendarmerie katangaise sous couvert  d’une amnistie, regagnèrent Kinshasa où ils furent massacrés 48 heures après au camp Kokolo !
On se souvient aussi de la marginalisation  et de la paupérisation organisée des combattants de la lutte populaire à leur retour à Kinshasa notamment Soumialot,  le général Olenga, Gbenye…
 
Des alliances contre-nature
 
La conférence nationale souveraine(CNS) avait fait ressortir clairement la ligne de démarcation politique qui classait de part et d’autre, les mobutistes qui avaient participé activement à la ruine systématique et structurelle de notre pays et les opposants au système Mobutu parmi lesquels l’UDPS détenait le leadership. L’arrivée de l’AFDL de Laurent Désiré Kabila mit un terme à cet état de fait devenu pervers à cause de l’inconstance des ’’acteurs’’ politiques et de la corruption qui avait brouillée la ligne de démarcation. Par exemple, nuitamment (dit butu-butu), certains opposants se déplaçaient pour  aller se faire corrompre par Mobutu, d’autres allant jusqu’à se cacher dans les coffres de voiture pour ne pas être vus!
Une nouvelle forme d’opposition doublement paradoxale contre Mzee Kabila au sein de laquelle l’UDPS d’Etienne Tshisekedi détenait encore une fois le leadership, avait vu le jour.
En effet, pour fragiliser Laurent Désiré Kabila, Tshisekedi avait opté pour une alliance contre- nature avec les mobutistes, ses tortionnaires! Pourquoi être surpris si ce comportement qui frise l’inconstance politique nous amène  à supposer aujourd’hui que  l’opposition du leader de l’UDPS  affichée contre Mobutu n’était qu’un leurre pour canaliser la fronde des vrais opposants à ce dernier ? D’ailleurs, comment expliquer qu’un de ses lieutenants, Paul Kapita Shabangi se retrouvent aujourd’hui lieutenant zélé d’Honoré Ngbanda, son tortionnaire?

 

1+4 : un paradoxe  pour balayer la ligne de démarcation politique en RDCongo ou un mal nécessaire pour réaliser la ’’paix’’ ?
 
Certes le 1+4 a permis, il faut bien le reconnaître, à ce que le peuple congolais renoue avec la voie des urnes pour choisir ses dirigeants politiques. Mais en dépit de cette réalité conjoncturelle, sur le fond, la crise garde toujours ses racines. En fait, l’ordre du processus pour la normalisation qui devait impérativement commencer par le désarmement des bandes armées, n’avait pas été respecté. En offrant, avec la bénédiction de la ’’communauté  internationale’’, le pouvoir aux rebelles sans condition de désarmement ni de démobilisation de leurs bandes armées, le recours aux armées a été institutionnalisé comme source de légitimation  au pouvoir. Des personnes en conflit d’objectifs et d’intérêts ont été placées en position du pouvoir  sur l’échiquier politique de la RDCongo. La ligne de démarcation qui marquait leur différence, était ainsi balayée.
Le 1+4 a, enfin de compte, permis l’installation  de la confusion et  l’amalgame à savoir : le conjoncturel qui tient lieu du structurel, la forme du fond…. ! Cette complexification pose et posera des problèmes très sérieux dont les incertitudes pour la gestion post-électorale des ressources humaines en l’occurrence en posant la problématique du choix des ministres et du premier ministre du gouvernement. Suite de cette question dans la deuxième partie de la réflexion.

 

UCDP France/ NODAL
(NODAL: Nouvel Observateur pour la Démocratie, les Armées et les Libertés)
 

                  


 


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