| Joseph KABILA Kabange parle: Personne n’est au-dessus de la loi, le Président de la République lui-même. |
(…)
Nous
avons
tourné
la
page
de
l’impunité,
du
désordre,
de
la
compassion.
Après
avoir
tourné
la
page,
le
Congo,
les
institutions
démocratiquement
élues
devraient
se
mettre
au
travail.
Par
conséquent,
tous
ceux
qui
pensent,
à
Kinshasa
ou
sur
tout
le
territoire
national,
qu’ils
peuvent
empêcher
les
institutions
de
travailler
pour
le
bien-être
de
la
population
doivent
déchanter.
L’action
avait
pour
but
de
mettre
une
fois
pour
toutes
un
terme
à la
situation
d’insécurité
dans
la
Gombe
et
même
à
Kinshasa.
Aujourd’hui,
c’est
chose
faite.
C’était
cela
l’essentiel.
Quel sort sera réservé à Jean-Pierre Bemba. Il semble prêt à dialoguer aujourd’hui. Quelles sont nos habitudes ? Le Président Kabila que vous avez connu avant les élections n’est plus le même. Vous avez connu un président qui a à tout moment cherché le consensus. C’était pour organiser les élections et stabiliser la situation politique. Aujourd’hui, c’est un Président
élu.
Je
suis
le
garant
de
la
Constitution,
je
dois
assurer
la
sécurité
de
60
millions
de
Congolais.
Ce
n’est
pas
avec
des
négociations
qu’on
va
assurer
la
sécurité
des
Congolais.
Je
ne
pense
pas
qu’il
y
ait
des
négociations
à
faire.
Il
faut
faire
respecter
la
loi.
Vous aviez dit lors de votre investiture, « finie la récréation » (…) Vous ne m’aviez pas cru. « Finie la récréation », c’était pour dire à tout le monde que la population devait se mettre au travail, à commencer par le Président et les institutions.Jean-Pierre Bemba, dans sa dernière interview, a déclaré que c’était la 4è fois qu’on attentait à sa vie. Cette fois est donc la 5e. Si j’étais militaire, je vous demanderais comment vous faites pour rater votre cible à chaque fois, mais heureusement, je suis civil. Face à cette accusation répétée, l’opinion est convaincue que vous voulez attenter à sa vie. Aujourd’hui, vous êtes élu mais le pouvoir, pour être démocratique, doit avoir en face une opposition elle aussi démocratique. Vous avez signé un décret dans lequel vous donnez des moyens à trois des opposants. Et le gouvernement a pris acte de la décision de porter plainte contre M. Bemba. Que pouvez-vous faire pour sauver ce qui est sauvable au niveau de l’opposition ? Kabila: En ce qui concerne la plainte contre M. Bemba, c’est désormais le mandat de la justice. Je n’ai pas de commentaire à faire. On
a
adopté,
avec
la
Constitution,
le
principe
de
la
séparation
des
pouvoirs.
Quant aux pouvoirs accordés aux anciens Vice-Présidents, il faut instaurer une culture. Les 4 VP ont eu ces avantages grâce à un décret destiné à les mettre à l’abri. 12 policiers étaient destinés à leur sécurité physique, ils conservent les trois quarts de leur salaire, disposent de moyens de transport, d’un billet d’avion…C’est limité dans le temps, ça dure le temps de la législature en cours. En 2011, ces avantages tombent. Que répondez-vous à ceux qui disent que vous ne communiquez pas assez souvent? Je ne pense pas. Vous étiez trop habitués aux discours dans ce pays, habituez-vous aux actions sur le terrain et moins aux discours.
Concernant
l’affaire
Kahemba,
on
vous
accuse
de
laisser
une
partie
du
territoire
congolais
à
l’Angola
en
échange
de
son
soutien.
C’est constitutionnel. Les députés peuvent être à l’aise. Il y a eu des dérapages mais ce n’est pas seulement au Congo. En Irak, en Afghanistan aussi. Quant aux média de l’opposition, je n’en ai pas entendu parler, il faut demander au ministre de l’Information. Ce pays est rongé par la rumeur, dites-vous. Donc il faut la combattre par l’information. Or, vous parlez peu. En 100 jours de pouvoir, c’est la première fois que vous parlez à la presse. Est-ce suffisant pour combattre l’intoxication ? Sur la question de Kahemba, c’était la cacophonie gouvernementale. Il y a un problème de communication au gouvernement. Et quant aux 5 chantiers, quand estimez-vous que le Congolais moyen va en sentir les effets ?
La
rumeur,
est-ce
un
problème
de
communication ?
je
ne
pense
pas.
Par
exemple,
on
m’a
appelé,
il y
a
deux
semaines
pour
me
demander
si
j’allais
bien
car
la
rumeur
circulait
qu’on
m’avait
tiré
dessus.
Quelle
est
la
contradiction
sur
le
plan
politique ?
Le
problème
était
militaire.
Il y
en a
beaucoup
qui
évitaient
de
passer
sur
le
boulevard
comme
si
c’était
un
pays
à
part.
La
paix
n’a
pas
de
prix.
Vous
pouvez
tout
avoir,
mais
si
vous
n’avez
pas
la
paix,
vous
n’avez
rien.
Et
vous
pouvez
aussi
manquer
de
tout,
mais
si
vous
avez
la
paix,
vous
avez
l’espoir.
Le combat, c’est quelque chose de dynamique, mais c’est aussi la confiance quand on sait qu’on va résoudre le problème de façon pacifique. Les autres avaient un plan diabolique. Ce que le gouvernement va faire pour ceux qui ont tout perdu. Tout d’abord nous présentons nos condoléances à cette population, notre compassion pour les blessés encore dans les hôpitaux. Et à la dernière réunion des ministres, le ministre des Affaires Humanitaires et le ministre des Affaires Sociales, ont reçu comme mission de faire le bilan et de voir comment le gouvernement pourrait venir en aide à cette population. Où est JP Bemba ? Je ne sais pas. Cette situation a été préparée à partir des événements du Bas Congo, et il y a eu une longue interview de JP Bemba en lingala qui montrait qu’il préparait intentionnellement ces événements. Dans certains quartiers, ils sont rentrés comme un couteau dans du beurre. Pourquoi cette confiance ? Dans tous les discours, il n’acceptait rien, il était visible qu’il ne peut vivre sans pouvoir.
Pourquoi
cette
confiance ?
Peut-être
parce
que
c’est
un
ancien
Vice-Président.
Les
incidents
que
nous
avons
connus,
je
crois
que
c’était
la
troisième
ou
quatrième
fois
à
Kinshasa
et
toujours
autour
d’un
parti
politique,
le
MLC
et
de
son
Président,
Jean-Pierre
Bemba.
Je
vous
ai
dit
qu’au
départ,
l’objectif
était
d’a
mener
le
pays
aux
élections.
Si
nous
avions
pris
des
mesures
pareilles,
on
aurait
dit
que
le
Je
ne
voudrais
pas
m’hasarder
sur
les
chiffres
mais
Wolfowitz
avait
parlé
de
180
M$
pour
appuyer
les
5
chantiers,
mais
pas
seulement.
Nous
disons
merci
mais
nous
comptons
beaucoup
sur
nos
propres
moyens.
Les
contacts
sont
en
cours.
Pour
l’appui
de
l’Angola,
il
ne
faut
pas
mépriser
les
Congolais.
C’est
ridicule.
Chaque
fois
qu’il
y a
des
opérations
militaires
qui
réussissent
quelque
part,
il y
a eu
des
étrangers.
Et
en
Ituri,
est-ce
qu’il
y a
des
étrangers ?
au
Nord
Katanga
quand
nous
avons
mis
fin
au
phénomène
des
Mai
Mai ?
On
voit
des
étrangers,
des
Angolais
partout.
C’est
stupide.
Le
moment
venu,
il
faudra
aller
demander
à
Luanda,
au
Président
Dos
Santos.
Les
forces
armées
sont
en
pleine
restructuration
et
nous
avons
des
unités
capables
de
mener
des
opérations
sur
tout
le
territoire.
N’eût
été
l’embargo
sur
notre
pays
et
la
Aux Etats-Unis, deux ou trois Présidents de la République ont été assassinés. On a amnistié combien de ces assassins ? La démocratie, c’est aussi la justice. L’erreur, pendant la Transition, était de croire qu’on pouvait arriver à la réconciliation sans la justice. Tous ceux qui pensent pouvoir perturber le processus voyaient au bout du tunnel l’amnistie. C’est la page que nous avons tournée avec les élections. Concernant Marie-Thérès Nlandu, l’affaire est entre les mains de la justice. Je ne suis ni Président de la Cour Suprême, ni Procureur, ni Auditeur. Je n’aimerais pas influencer la décision de la justice congolaise. Maintenant « qui a commencé ? ». Je n’étais pas déployé sur le terrain pour savoir qui a commencé et comment. La question est de savoir s’il y a eu infraction. Le Chef d’Etat-Major général a donné un ultimatum pour qu’ils soient désarmés, intégrés à l’armée ou démobilisés. Bemba a dit que personne ne désarmerait ses hommes. Qui a ses hommes à lui dans ce pays ? Même le président n’a pas ses hommes à lui. Ce sont des jeunes gens au service de la nation. Ce ne sont pas des armées privées. Un jour, je ne serai plus Président. Est-ce que je vais tous les emmener chez moi ? Donc selon moi, cela ne va pas se répéter, ici à Kin ou à l’Est. Ceux qui sont à la base
de
l’insécurité
seront
traqués
et
mis
à
disposition
de
la
justice.
Qui a commencé ? Je fais confiance au Chef d’Etat-Major qui a dit que ce sont les milices qui ont tiré sur les FARDC. Sur place, il y a eu sept morts. Il ne faut pas prendre cette histoire à la légère. Il y a plusieurs dizaines de morts dans nos hôpitaux, quelqu’un doit répondre de ses actes. Sinon il faut aller voir les familles et leur dire « comme c’est de la politique, on oublie tout ça. ». Il ne faut pas de double langage et accepter que des gens restent au-dessus des lois. Que voule-vous faire de Bemba ? Est-il plus profitable de le laisser s’exiler ? Est-il nuisible pour votre pouvoir ? Que répondez-vous aux gens qui pensent que cette mise à l’écart peut faire glisser votre pays sur la pente du parti unique ? C’est archi-faux. Instituer un parti unique dans ce pays, c’est de la haute trahison. Je n’enfreindrai jamais la Constitution. Quant à Bemba, il faut poser la question au Procureur. Ce n’est pas une question politique. Chez vous, en France, est-ce que quelqu’un peut créer une milice à Paris, contrôler les Champs Elysées et deux jours après demander la réconciliation ? Ici, la réponse est non.Allez-vous solliciter l’Afrique du Sud pour le voir livrer aux autorités de la République ? Je n’ai pas encore eu le Président Mbeki. Ici c’est la justice qui s’occupe de cela. Pour le moment, la question ne se pose pas.En ce qui concerne les 5 grands chantiers, il faudrait commencer par la justice. Quel monument est envisagé devant le Palais du peuple ? Devant le palais, l’idée était de construire un monument en mémoire de ceux qui ont perdu la vie pendant la guerre. C’est une très bonne idée.Sur les 5 chantiers, plusieurs textes de loi sont en gestation pour réformer la justice. Il y a beaucoup de faiblesse dans l’appareil judiciaire, mais il y a des projets de loi dont l’objectif est de renforcer l’appareil judiciaire. Vous avez parlé en français, dans la langue officielle, mais 80% des gens parlent en langues nationales, n’est-ce pas nécessaire de donner aux langues nationales leur place ? J’ai bien capté le message, reçu 5/5.Des enfants ont été mis à contribution dans la mise à sac de certains magasins. N’est-ce pas le moment de trouver une solution définitive pour l’encadrement de ces enfants? La milice de Bemba a été défaite. Parmi eux, il y a des hommes accusés de cannibalisme, que vont faire ces gens ? Ils seront traduits devant la justice militaire. L’auditeur militaire a déjà reçu des instructions dans ce sens. Pour les enfants de la rue, il y a un programme du gouvernement présenté devant l’Assemblée Nationale. Des mesures ont été prises dans le sens de l’encadrement de ces enfants et de la réactivation du service nationale pour qu’ils soient utiles à la société.On a connu beaucoup de foyers de tension à l’Est avec Nkunda. Aujourd’hui, on parle de ses éléments mixés mais il a un mandat d’arrêt. Qu’en est-il ? Aujourd’hui, vous êtes à 100 jours. Quel bilan faites-vous ? On n’a pas vu de signaux forts. Et j’aimerais votre point de vue sur le moratoire. Sur le moratoire, le point avait été mis à l’ordre du jour. Il concerne la mise en application de la loi. La Constitution est claire sur la double nationalité. La nationalité congolaise est une et exclusive.Concernant Nkunda et le mixage, effectivement, il y a un mandat d’arrêt. Il ne fait plus partie des Fardc. Après les combats à l’Est en décembre et janvier, on a lancé un ultimatum. Il se rend ou il y aura des opérations militaires jusqu’à l’anéantir. Suite à cet ultimatum, des unités ont accepté de réintégrer l’armée. Il fallait d’abord les identifier. Qui est qui ? Qui a fait quoi ? L’objectif final est de mettre tout le monde sous commandement de l’Etat-Major de l’armée et de la région militaire. Ensuite il y aura redéploiement. Voilà la genèse de ce problème de mixage. Quel bilan faites-vous de vos 100 jours ? R/Le mandat du Président n’est pas de 100 jours. C’est 5 ans. Je n’aime pas vraiment me lancer dans cette démagogie d’un bilan de cent jours. Qu’est-ce que l’on peut faire dans un pays de déliquescence comme cela en trois mois ? Sauf si vous voulez que je sois menteur ou démagogue. Le gros du travail est le suivi de la mise en place des institutions. Le Président, c’est la tête, mais la tête sans les jambes et les pieds, c’est tout à fait inefficace. C’est pourquoi nous avons mis en place toutes les institutions. Il y a déjà un programme du gouvernement qui a été adopté. Ce n’est pas seulement le gouvernement qui doit travailler. IL a pour mission de mettre au travail la population. Ce ne sont pas les 60 ministres qui vont reconstruire le pays. Pendant ces 100 jours, je n’étais pas du tout en vacances et ce sera le cas pour les 5 ans à venir.Source:RFI |

(…)
Nous
avons
tourné
la
page
de
l’impunité,
du
désordre,
de
la
compassion.
Après
avoir
tourné
la
page,
le
Congo,
les
institutions
démocratiquement
élues
devraient
se
mettre
au
travail.
Par
conséquent,
tous
ceux
qui
pensent,
à
Kinshasa
ou
sur
tout
le
territoire
national,
qu’ils
peuvent
empêcher
les
institutions
de
travailler
pour
le
bien-être
de
la
population
doivent
déchanter.
L’action
avait
pour
but
de
mettre
une
fois
pour
toutes
un
terme
à la
situation
d’insécurité
dans
la
Gombe
et
même
à
Kinshasa.
Aujourd’hui,
c’est
chose
faite.
C’était
cela
l’essentiel.
Président
élu.
Je
suis
le
garant
de
la
Constitution,
je
dois
assurer
la
sécurité
de
60
millions
de
Congolais.
Ce
n’est
pas
avec
des
négociations
qu’on
va
assurer
la
sécurité
des
Congolais.
Je
ne
pense
pas
qu’il
y
ait
des
négociations
à
faire.
Il
faut
faire
respecter
la
loi.