Extraits commentés de la dernière de Ngbanda, non datée, intitulée « Origines cachées et accession sanglante au sommet du pouvoir Joseph Kabila »par
Omer
Nsongo
die
Lema
1. Ngbanda parle de la « coalition » puissante alliance politico-maffieuse, Paul Kagame et Joseph Kabila
« Il s’agit ici d’un homme que le hasard de l’histoire a glissé entre les mains d’une puissante alliance politico-mafieuse qui a décidé de déstabiliser tout un pays et tout un peuple pour disposer de ses terres et de ses richesses. Il s’agit ici d’un pion stratégique que les puissants lobbies politiques et financiers à travers le monde ont unanimement choisi d’utiliser pour soumettre un peuple et piller impunément ses ressources du sol et du sous sol. Il s’agit ici d’un agent double, formé et soutenu par le chef de l’état rwandais, et qui a été infiltré dans les structures militaires et politiques de notre pays la RDC jusqu’à occuper le poste hautement vital de président de la République ».
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Trois fois de suite, Ngbanda présente Joseph Kabila en « homme que le hasard de l’histoire a glissé entre les mains d’une puissante alliance politico-mafieuse », en « pion stratégique » et en « agent double, formé et soutenu » par Paul Kagame avec pour seconde mission, tenez bien, « d’occuper le poste hautement vital de président de la République » ; la première mission étant de déstabiliser le Congo et de piller les ressources naturelles congolaises, et cela sous la barbe de la Communauté internationale généralement identifiée à l’Occident. Cet Occident qui l’héberge lui-même et le sécurise physiquement et matériellement.
Entre le hasard de l’Histoire et la planification de Paul Kagame, que croire finalement ? Le hasard ne se planifie pas ; et la planification ne se hasarde pas.
C’est toutefois dans l’extrait suivant que Ngbanda se révèle irrationnel.
2. Ngbanda parle de la naissance et de la jeunesse de Joseph Kabila
« Joseph Kabila, de son vrai nom Joseph KANAMBE est né le 4 juin 1971 d’un père rwandais du nom de Christopher KANAMBE et d’une mère rwandaise nommée Marcelline MUKAMBUKUJE. Son père fut un opposant à l’ancien président rwandais Juvénal HABYARIMANA. Il fit connaissance avec Laurent Désiré KABILA, opposant à l’ancien président zaïrois MOBUTU, dans les maquis des montagnes à la frontière rwando-zairoise, où ils luttaient contre leurs ennemis communs : MOBUTU et HABYARIMANA. Après la mort de son ami Christopher Kanambe en 1977, LD Kabila épousa sa veuve Marcelline et adopta ses deux enfants jumeaux en bas âge, une fille et un garçon : Jenny KANAMBE et Joseph KANAMBE. Ainsi n’ayant pas pu pousser ses études au-delà du niveau secondaire, le jeune Joseph Kanambe, pour survivre, fut contraint d’exercer plusieurs métiers dont celui de taximan, de barman et de mécanicien dans les villes de Dar-es-Salaam et de Kigoma en Tanzanie ».
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7 ans après avoir contesté la nationalité congolaise de Joseph Kabila, Honoré Ngbanda s’est, comme qui dirait en langage informatique, vraiment planté. On s’attendait à ce qu’il apporte beaucoup plus de précisions dès lors qu’il fonde cette fois-ci sa communication sur « une infime partie de nombreux témoignages écrits ou vidéos venants de plusieurs sources vivantes », entre autres les « officiers rwandais de l’APR en exil dont certains ont connu Joseph Kabila lors de sa formation en 1995 dans les centres militaires rwandais ».
Hélas !, il n’apporte aucune information nouvelle sur les fameux parents Christopher Kanambe et Marcelline Mukambukuje. Un couple qui n’a eu aucun autre proche parent (en dehors de James Kabarebe qui affirme continuellement la paternité de M’Zee sur son fils), aucun ami, aucune connaissance qui puisse, au travers du Monde, se réclamer de la famille élargie. Il ne fait même pas cas, dans sa communication, de Zoé Kabila, le jeune frère et sosie de Joseph Kabila.
Mais là où Ngbanda est irrationnel, c’est quand il fait croire à l’opinion que Paul Kagame ou la puissante alliance politico-maffieuse a trouvé dans un jeune homme de 25, qui n’a pas « pu pousser ses études au-delà du niveau secondaire » et qui « fut contraint d’exercer plusieurs métiers dont celui de taximan, de barman et de mécanicien » en Tanzanie, « un pion stratégique » pour « soumettre un peuple et piller impunément ses ressources du sol et du sous sol » !
3. Ngbanda parle du plan machiavélique de Paul Kagame pour déstabiliser la RDC
« L’accession de Joseph Kabila à la magistrature suprême en République Démocratique du Congo constitue le couronnement d’un plan machiavélique savamment conçu par le « cerveau », Paul Kagamé, et méticuleusement exécuté par son complice Joseph Kabila, sous les directives et avec l’aide de son oncle et mentor James Kabarebe ».
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Conseiller spécial du maréchal Mobutu, Ngbanda devrait connaître ce plan, et ce plan ne pouvait être exécuté que si le pays ne pouvait se défendre de l’ennemi intérieur (rebelle) ou de l’ennemi extérieur (agresseur). D’où la question de savoir qui avait affaibli les Faz du temps de Mobutu ! Mais surtout qui avait affaibli le Zaïre aux plans politique, économique et social.
Serait-ce encore le « cerveau » Paul Kagame ?
On sait seulement que c’est à l’époque où Ngbanda gérait politiquement tantôt les services de sécurité, tantôt l’armée que des militaires bien formés étaient délaissés au profit des opportunistes ; la garde prétorienne de Mobutu (Dsp pour l’armée et Garde civile pour la police) s’accaparant le gros des moyens destinés aux Faz. En d’autres termes, la planification de l’affaiblissement de l’armée est partie de Kinshasa même ! Et avec elle, la planification de la paupérisation du Zaïre.
4. Ngbanda parle des cadres Rwandais qui se faisaient passer pour Congolais
« C’est dans ce contexte qu’un nombre important de cadres politiques et militaires rwandais avaient affiché ostensiblement leur fausse identité congolaise. Parmi eux on se souviendra du cas le plus cocasse de… James Kabarebe que Kagame imposa à Laurent Désiré Kabila comme Chef d’Etat Major de l’Armée congolaise en 1997 et 1998 ».
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Placer James Kabarebe parmi les cadres politiques et militaires rwandais qui se faisaient passer pour des Congolais est un mensonge grossier de la part de Ngbanda, car dès le début de la guerre de 1996, tout le monde le savait rwandais. A commencer par Ngbanda, en raison de ses fonctions auprès du maréchal. S’il l’ignorait alors qu’il était le collaborateur direct de Mobutu, ami d’un Habyarimana dont le pouvoir était menacé par l’Apr alors dirigée par Kagame et Kabarebe, si donc lui Ngbanda a découvert comme tout le monde la nationalité de Kabarebe seulement après l’avènement de l’Afdl en 1997 ou seulement après sa désignation à la tête des Fac, c’est là la preuve que le maréchal était mal conseillé.
5. Ngbanda parle de la première rencontre L-D. Kabila, Kagame et J. Kabila !.
« Lors de la présentation de LD Kabila à Paul Kagamé, celui-ci est plutôt déçu du look de son hôte qui n’avait selon lui aucune allure d’un combattant, moins encore d’un militaire pour conduire cette importante expédition militaire au Zaïre. Devant les réserves et les inquiétudes de Paul Kagamé, James Kabarebe le rassure en lui proposant la formation accélérée par les services spéciaux rwandais de son neveu Joseph qui, (cela tombe bien), est proche du nouveau patron de la « rébellion » qui n’est autre que son père adoptif… ». Ainsi Joseph Kabila apparut comme l’homme providentiel qui allait désormais servir de « soupape de sécurité » et de « garde fou » aux côtés de Laurent Désiré Kabila. Il serait en même temps le gardien des intérêts du Rwanda, autrement dit, les yeux et les oreilles de James Kabarebé qui était en réalité le « patron direct » de LD Kabila.
Commentaires :
L-D. Kabila, que Ngbanda décrit en des termes peu élogieux, est pourtant l’homme qui donnait du fil à retordre au maréchal, cela des montagnes de Fidji dans le Kivu aux plaines de Moba dans le Katanga. Qu’il en vienne à se fier à l’appréciation de Paul Kagame que de la sienne, ça peut s’expliquer. Mais c’est la suite qui est intéressante : en effet, Ngbanda révèle que c’est chez Paul Kagame que Laurent-Désiré Kabila retrouve enfin son « fils adoptif » Joseph Kabila, tiré des petits boulots en Tanzanie par l’« oncle James ». On notera que jusque-là, selon le récit de Ngbanda, Joseph Kabila n’a encore aucune formation militaire. En effet, c’est dans le paragraphe suivant que l’on découvre cette phrase clé : « Pour lui permettre de mieux remplir sa mission auprès de LD Kabila, le Colonel Kabarebe enverra son neveu Joseph en formation accélérée d’officier de renseignement (O.R.) dans le centre de formation des services de renseignement de l’Armée rwandaise ».
Or, dans leur « Essai biographique sur Laurent-Désiré Kabla » paru chez « L’Harmattan Paris », le chercheur belge Eric Kennes et son collègue congolais Munkane N’Ge donnent une version contraire. « Selon un unique témoignage, Laurent Kabila, avec son fils Joseph et Justin M’Molelwa, arrivent à Kigali le 11 novembre 1995 ; ils sont pris en charge par le futur chef de file de la Police Militaire, Dan Nmuyoza (qui va gérer le ‘dossier Kabila’ pour la période à venir). A partir de ce moment, Kabila essaie de regrouper ses fidèles en vue d’une opération conjointe dans la région des Grands Lacs, mais pour arrière-pensée : profiter de cette occasion exceptionnelle pour évincer du pouvoir le président Mobutu », disent-ils.
Le lecteur avisé constatera que Ngbanda ne situe pas dans le temps la première rencontre « Kabila-Kagame ». Kennes et N’Ge sont plus précis : le 11 novembre 1995. Ainsi, L-D. Kabila n’a pas trouvé Joseph Kabila à Kigali ; c’est lui-même qui l’y a amené.
6. Ngbanda parle des premiers pas de Joseph Kabila
« En effet, après un bref stage de rodage en tant que aide de camp de son oncle James Kabarebe, (question pour lui de se familiariser au « dossier Zaïre », de connaître son nouveau pays d’attache et d’intégrer les instructions et les objectifs de sa mission auprès de LD Kabila), Hyppolite Kanambe fit sa première apparition officielle aux côtés de LD Kabila qui le présenta comme son collaborateur, après la chute de la ville de Kisangani en mars 1997. Après la chute de la ville de Lubumbashi en avril 1997, les coalisés engagent la marche finale vers la capitale Kinshasa. Pressé par les événements et sommé par Paul Kagamé et James Kabarebe de présenter Joseph comme son fils, LD Kabila obtempère. Ceux qui l’avaient connu jusque là sous l’appellation de « Commandant Hyppo » entendront pour la première fois LD Kabila l’appeler lors d’un entretien « Joseph Kabila », et le désigner comme « son fils ».
Commentaires :
Ne perdons pas le fil d’idées. Joseph Kabila, en 1996, a encore 25 ans. Présenté par Ngbanda comme n’ayant pas fait d’études poussées, James Kabarebe, selon Ngbanda, estime qu’il a juste besoin d’un bref stage de rodage pour « se familiariser au ‘dossier Zaïre’ ». Oui, tout juste besoin d’un bref stage. Sans peut-être le savoir ni le vouloir, « Spécial » reconnaît ainsi en Joseph Kabila un génie !
Lorsqu’il écrit que L-D. Kabila a présenté « après la chute de la ville de Kisangani en mars 1997 » Joseph Kabila comme étant son collaborateur, Ngbanda use d’un mensonge grossier. Car c’est bien avant la chute de Kisangani que tout le monde savait Joseph Kabila fils L-D. Kabila. D’ailleurs, c’est bien Joseph Kabila, fils L-D. Kabila, qui commanda les troupes ayant pris cette ville en mars 1997.
En toute logique, c’est en mars ou avril 1997 que Honoré Ngbanda aurait dû contester cette filiation puisqu’il était censé disposer du fichier de tous les ennemis de Mobutu et Habyarimana. La contestation, on le sait, n’est arrivée qu’en janvier 2001 à l’avènement de Joseph Kabila à la magistrature suprême. Sait-on comment il justifie son silence à l’époque de la guerre ? L’élément est dans une interview à Jeune Afrique Economie paru la veille du Dialogue intercongolais round Addis Ababa. A la question « Vous avez été le premier à émettre des doutes sur la nationalité de Joseph Kabila. Ne croyez-vous pas que le dialogue d’Addis-Abeba devrait lever ce doute ? », Honoré Ngbanda répond : « Il ne s’agit nullement d’un doute que j’ai créé, j’ai donné à mon peuple un renseignement que je détenais déjà à l’époque, en ma qualité de responsable des services de renseignement de mon pays. Vu la gravité des circonstances actuelles, car à l’époque ce renseignement ne représentait aucune importance, j’ai estimé qu’il était de mon devoir d’alerter sans attendre l’opinion nationale ». C’est authentique.
Ainsi, pendant que les villes zaïroises tombaient une à une sous la férule de l’Afdl, Ngbanda savait Joseph Kabila rwandais, mais il s’était tu jusqu’à ce que Mobutu quitte Kinshasa pour s’en aller mourir en exil à Rabat. Ainsi, pendant que L-D. Kabila avait pris le Pouvoir d’Etat avec Joseph Kabila à ses côtés dans l’Armée, Ngbanda savait Joseph rwandais, mais il s’était tu. Ainsi, pendant que le Congo subissait l’agression rwando-burundo-ougandaise et des Congolais mouraient à l’Est et au Bas-Congo (en territoire Bundu dia Kongo), Ngbanda savait Joseph Kabila rwandais, mais il s’était tu ! Il ne se réveillera que lorsque Joseph Kabila accédera à la magistrature suprême, voyant se réaliser le « plan machiavélique » de Paul Kagame dont il doit avoir pris connaissance avant la guerre de 1996 !
Quelle crédibilité peut-on accorder à un tel personnage ? Aucune…
Revenons à cette étape de la communication de Ngbanda où il est question de présentation de Joseph Kabila en fils Laurent-Désiré Kabila. « C’était la condition imposée à LD Kabila par Kagame, avant qu’il ne soit autorisé à s’autoproclamer Président de la République Démocratique du Congo ! », écrit Ngbanda.
En confondant mars et avril, Kisangani et Lubumbashi, Ngbanda triche avec des faits historiques. Cela est impardonnable à un chef de sécurité honoraire.
7. Ngbanda parle de la Cia détenant un dossier très lourd sur L-D. Kabila
« L’offre de Kagamé valait tout son pesant d’or, pour la simple raison que les Américains s’opposaient à la désignation directe de LD Kabila à la tête du Zaïre. La C.I.A. possédait un dossier très lourd avec des contentieux importants contre leur nouvel allié de circonstance ! Et Kagamé savait que LD Kabila était bien au courant de cette attitude américaine à son égard. Raison qui amena M’Zee à rompre quelques mois seulement après, les contrats juteux qu’il avait conclus avec les sociétés américaines originaires de Kansas ! Ce qui lui coûta plus tard la vie ».
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Ainsi, à en croire Ngbanda, les Américains ne voulaient pas de L-D. Kabila à la tête du Congo ; ce qui suppose qu’ils ne trouvaient aucun inconvénient à ce que Joseph Kabila prenne le poste. Soit. Or, les Américains – qui détenait un dossier très lourd avec des contentieux importants contre leur nouvel allié de circonstance à en croire Ngbanda – ne pouvaient absolument pas ignorer l’identité réelle de Joseph Kabila. D’où cette simple question de logique : d’un Joseph Kabila congolais parce que fils de L-D Kabila et Sifa et d’un Joseph Kabila étranger parce que fils de Kanambe et Mukambukuje, sur qui les Américains auraient-ils facilement jeté leur dévolu ? Naturellement sur le premier, car connaissant très bien l’attachement des Congolais à leur Congo même paupérisé, brimé et brisé !
Rappelons que dans son ouvrage « Ainsi sonne le glas ! Les derniers jours du maréchal », Ngbanda décrit comment il s’est retrouvé en Afrique du Sud face aux Américains alors qu’il devrait rencontrer L-D. Kabila. Et les Américains lui ont clairement dit qu’ils représentaient L-D. Kabila. Preuve, si besoin est, que les Américains avaient accepté L-D. Kabila comme futur Président de la RDC.
8. Ngbanda parle d’envoi de Joseph Kabila en formation militaire en Chine
« En avril 1998, James Kabarebe promu chef d’état-major général des Forces Armées Congolaises (FAC), propose à LD Kabila d’envoyer son « fils » Joseph en formation militaire en Chine, pour quelques mois. Mais pendant son séjour en Chine, le climat des relations entre le Rwanda et LD Kabila ont commencé à se détériorer rapidement. En bon stratège, Kabarebe décida de faire revenir rapidement son joker au cas où… Ainsi, dès son retour précipité de Chine et sur proposition de James Kabarebe, « Kabila junior » fut bombardé au grade de Général Major et se vit confier la fonction de commandant en chef des forces terrestres des FAC ! Il redevint ainsi le bras droit de… James Kabarebe au sommet des FAC ! ».
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C’est ici que Honoré Ngbanda manque de lucidité et, partant, jette le doute sur toute sa production. Récapitulons : avril 1998, l’«oncle» James Kabarebe devient chef d’Etat-major des Fac ; il obtient de L-D. Kabila l’envoi de Joseph Kabila en formation militaire en Chine. Or, dans le contexte géopolitique de l’époque, tout le monde sait Kagame pro-américain et M’Zee Kabila pro-chinois. En d’autres termes, de Kabarebe (lisez Kagame) et de L-D Kabila, c’est le second et non le premier qui pouvait facilement faire inscrire Joseph Kabila dans une académie militaire chinoise. Ceci d’un. De deux, depuis sa reconnaissance par le Congo au détriment de la Chine nationaliste, la Chine (populaire) n’a plus jamais caché ses ambitions sur un Congo qu’elle a toujours voulu un et unique. Dotée des services de sécurité parmi les plus performants qui soient au Monde, elle ne pouvait pas ignorer la nationalité exacte de Joseph Kabila et, surtout, la « mission » que lui aurait confiée Paul Kagame de déstabiliser le même Congo ! Elle aurait récusé carrément ce stagiaire. De trois – et c’est important à souligner – la promotion de Joseph Kabila s’est faite après la suspension de la coopération militaire informelle rwandaise. L’annonce en a été faite la nuit du 26 au 27 juillet 1998. Le 2 août, c’était la guerre !
Mais là où Ngbanda s’enfonce dans l’hérésie, c’est lorsqu’il trouve en L-D. Kabila un esprit faible. En effet, il situe la dégradation des relations entre le Rwanda et le Congo pendant le séjour en Chine de Joseph Kabila que Paul Kagame avait présenté à M’Zee en 1996 à Kigali. Et que fait M’Zee dont et le pouvoir et la vie sont désormais menacés par ses alliés d’hier ? Tout bonnement, il nomme Joseph Kabila chef d’Etat-major des Forces terrestres sur proposition de James Kabarebe !
9. Ngbanda parle des instructions données par le Rwanda à Joseph Kabila
« Cette situation n’échappe pas au fin stratège qu’est James Kabarebe qui alerte immédiatement son chef Kagamé. Les deux hommes décident de passer rapidement à la phase supérieure de leur plan : James Kabarebe transmet donc immédiatement les instructions du plan à Joseph Kabila et l’informe qu’il devenait à partir de cet instant le pion majeur du plan rwandais en RDC. Il le prévient du retrait imminent et stratégique de la RDC des troupes et des cadres politiques d’expédition rwandaise. Mais quant à lui (Joseph Kabila), il devait stratégiquement se démarquer (en apparence) du Rwanda et de ses intérêts pour mieux gagner la confiance de LD Kabila et se rapprocher de plus en plus de lui, en faisant jouer pleinement la corde sensible de «fils» adoptif. Il doit pour cela feindre de prendre fait et cause pour son « père » LD Kabila, contre les rwandais ! »
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Ngbanda étale ici ses limites intellectuelles. Il est le premier, à l’introduction de sa communication, à situer Joseph Kabila dans le plan de déstabilisation du Congo. En d’autres termes, il présente Joseph Kabila en homme qui savait, du déclenchement de la guerre de l’Afdl en 1996 à son envoi en formation en Chine, qu’il avait une mission à remplir. C’est que Joseph Kabila ne pouvait plus avoir besoin d’être instruit de sa mission puisqu’il était en trait de l’exécuter !
Ngbanda continue, jusque-là, de donner de L-D. Kabila l’image de l’homme qui, tout en sachant que son « fils adoptif » est un Rwandais au service de Kagame et Kabarebe devenus ses ennemis mortels, s’accrocher désespérément à ce même Joseph jouant auprès de lui « pleinement la corde sensible de ‘fils’ adoptif » ! Et pour ce faire, Joseph doit « feindre de rendre fait et cause pour son ‘père’ LD Kabila, contre les rwandais » ! Et Ngbanda d’ajouter : « Parallèlement, sa propre position privilégiée auprès de LD Kabila désormais convaincu de l’attachement sincère de son «fils» lui procurait une arme supplémentaire très puissante contre ses victimes ! ». Ça sent de l’amateurisme en plein nez.
10. Ngbanda parle de l’ascension de Joseph Kabila dans la conquête du pouvoir
« Fort de ces atouts, Joseph Kabila entame alors un parcours sanglant, digne d’un « serial killer ». Pour chacun de ses forfaits, Il sait qu’il peut compter sur l’expertise de ses mentors rwandais qui se chargent chaque fois de lui fournir les « éléments à charge » authentiques, qu’il présente à son « père », en prétendant les avoir soutirés des services rwandais grâce à ses réseaux de renseignement ».
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Ngbanda cite quelques forfaits mis sur le dos de Joseph Kabila.
L’intérêt de l’extrait est que l’on est en pleine guerre d’agression rwando-burundo-ougandaise, à un moment où Kabila peut se confier à tout, sauf à des « éléments en charge authentiques » en provenance des réseaux rwandais. En effet, la position de Paul Kagame du Rwanda et de Yowerie Museveni de l’Ouganda est connue de toute la Communauté internationale : l’élimination de L-D. Kabila de la scène politique congolaise ; peu importe que ce soit par un coup d’Etat, par une révolte populaire, par un exil, par un accident ou par un assassinat.
Et que fait L-D. Kabila conscient du fait que Joseph Kabila est plus qu’un fils adoptif, c’est-à-dire un rwandais lui imposé par Kagame avant le déclenchement même de la guerre de l’Afdl et après la chute de Lubumbashi ? Il le garde, continue à le traiter en fils biologique et se fie aux rapports en provenance de Kigali !
Il faut bien une explication à pareil attachement.
La première à être donnée par n’importe qui est le lien de sang…
11. Ngbanda parle de l’assassinat de Laurent-Désiré Kabila
« ACTE I : Kinshasa, Octobre 2000 : l’arrestation de Mme SIFA Mahanya
« Madame SIFA MAHANYA, présentée à tort comme étant la mère biologique de Joseph Kabila (nous y reviendrons plus loin), est réellement congolaise et elle est l’une des nombreuses «épouses» déclarées ou connues (plus de dix) de LD Kabila avec qui elle a eu 6 enfants prénommés Joséphine, Cécile, Masengo, Gloria, Kiki et Maguy. Mme Sifa habitait avec son mari au Palais des Marbres, la Résidence officielle du chef de l’Etat lorsqu’à la fin du mois d’octobre de l’an 2000, LD Kabila eut un malaise sérieux après un repas. Les examens médicaux pratiqués d’urgence diagnostiquèrent un empoisonnement. Et les investigations menées par la sécurité présidentielle ont relevé un faisceau d’indices sérieux de présomption convergeant vers Mme SIFA, qui fut accusée de tentative de meurtre sur son mari et fut aussitôt arrêtée sur ordre de LD Kabila et incarcérée au centre pénitentiaire de Makala au pavillon n°10 ».
Commentaires :
Retenons ici ces cinq faits : Mme Sifa présentée en mère biologique de Joseph Kabila. Madame Sifa et son mari habitant le Palais des Marbres, Résidence officielle du chef de l’Etat. L-D. est victime d’empoisonnement. Les investigations menées par la sécurité présidentielle relève des indices sérieux de présomption accusant Mme Sifa de tentative de meurtre. Sur ordre de son mari, Mme Sifa envoyée en prison. Voyons la suite des événements.
12. Ngbanda parle d’exfiltration de Mme Sifa
« ACTE II : Kinshasa, le 11 janvier 2001 : l’exfiltration de Mme Sifa du Centre pénitentiaire
« A l’insu de son «père», Joseph Kabila fait exfiltrer Mme Sifa Mahanya de sa cellule, avec la complicité du directeur de la prison, Monsieur Kelly DIDO KITUNGUA. La prisonnière est aussitôt transférée clandestinement à Lubumbashi où elle fut placée à l’abri des regards indiscrets ».
Commentaires :
Originaire du Maniema (sa province natale), la présumée empoisonneuse est acheminée le 11 janvier 2001 à Lubumbashi, ville dont est originaire et ressortissant son mari Laurent-Désiré Kabila. C’est-à-dire ville où elle est mise à la portée d’un M’Zee ou des proches vengeurs. Voyons également la suite des événements.
13. Ngbanda parle du voyage de Cameroun pour le sommet de la Francophonie
« ACTE III : Lubumbashi, le 12 janvier 2001: LD Kabila est déconseillé d’effectuer son voyage au Cameroun
« Le lendemain de l’exfiltration de Mme Sifa Mahanya, Joseph Kabila déconseille son « père » qui s’apprêtait à se rendre au Cameroun pour prendre part au Sommet de la Francophonie. Joseph persuade LD Kabila de ne pas se rendre au Cameroun parce qu’il possédait des renseignements sûrs au sujet d’un complot qui s’y tramait contre sa personne. LD Kabila qui faisait beaucoup confiance à son « fils » annula son voyage au Cameroun. De Lubumbashi, où il se trouvait, le chef de l’Etat regagna directement Kinshasa.
Commentaires :
On constate que c’est le 11 janvier 2001 que Mme Sifa, exfiltrée du Cprk sur ordre de Joseph Kabila, est acheminée à Lubumbashi sur ordre également de Joseph Kabila. On constate en plus que le 12 janvier 2001, Laurent-Désiré Kabila se trouve lui aussi à Lubumbashi en même temps que Joseph Kabila qui, d’ailleurs, le dissuade de faire le déplacement du Cameroun. L’intérêt de l’Acte III est de savoir quand est-ce que M’Zee s’est retrouvé à Lubumbashi. Est-ce avant ou après l’arrivée de Mme Sifa ? L’intérêt du même acte est de savoir aussi si M’Zee pouvait ignorer l’exfiltration de son épouse et son acheminement dans la capitale cuprifère.
Les retrouvailles Laurent-Désiré Kabila, Mme Sifa et Joseph Kabila amènent à admettre qu’il ne pouvait s’agir que d’une affaire vraiment de famille !
14. Ngbanda parle des préparatifs de l’assassinat de Laurent-Désiré Kabila
« ACTE IV : Kinshasa, le 15 janvier 2001 : Joseph Kabila ordonne le désarmement de la garnison de Kinshasa, puis il part précipitamment à Lubumbashi.
« La veille du drame, sur ordre de Joseph Kabila, tous les militaires des FAC de la garnison de Kinshasa ont été désarmés sans aucune explication. Bien plus, le colonel Eddy Kapend reçut les ordres formels de Joseph Kabila de procéder à l’arrestation du chef de la Direction Extérieure des renseignements (ANR/DE), Monsieur Ismaël Tutwemoto. Et c’est Monsieur Leta Mangasa, administrateur général en chef de l’ANR qui procéda à cette arrestation. Et après avoir pris toutes ces dispositions « inexplicables » à première vue, Joseph Kabila s’est envolé brusquement et discrètement à destination de Lubumbashi d’où il fit une sortie mystérieuse hors du pays ».
Commentaires :
Honoré Ngbanda présente ici le colonel Eddy Kapend en homme qui reçoit des ordres formels du général Joseph Kabila. Retenons bien ce fait. Car, le 16 janvier 2001, tout le monde va entendre sur la Rtnc le colonel Eddy Kapend donner des instructions notamment à Joseph Kabila et à plusieurs de ses chefs hiérarchiques pour sécuriser l’espace national, la ville de Kinshasa en particulier. Honoré Ngbanda ne peut pas dire qu’il ne le sait pas.
15. Ngbanda parle de l’assassinat de Laurent-Désiré Kabila le 16 janvier 2001
« ACTE V : Kinshasa, le 16 janvier 2001 : LD Kabila est assassiné
« Dans la mi-journée, des coups de feu retentissent dans l’enceinte du Palais des Marbres, la Résidence présidentielle. LD Kabila, grièvement atteint à la tête, décède peu de temps après, avant même d’être chargé dans l’hélicoptère qui l’a transporté à la Clinique Ngaliema. C’est à la nuit tombante que Joseph Kabila donne l’ordre d’ouvrir spécialement pour lui l’aéroport de Ndjili fermé dès l’annonce de l’attentat, pour permettre l’atterrissage de son avion spécial en provenance de Lubumbashi ! Ce comportement de Joseph Kabila parait pour le moins étrange ! Comment un fils qui a veillé scrupuleusement à la sécurité de son « père » jusqu’encore la veille, et qui a été même à la base de l’annulation de son voyage au Cameroun parce qu’un danger imminent y planait sur sa vie, comment après l’annonce de l’attentat sur son «père», ce «fils»–là peut-il rester cloîtré à Lubumbashi, à 2 heures de vol seulement de Kinshasa, pour ne rejoindre la capitale qu’à la fin de la journée, plusieurs heures après la mort de son «père» ? Où avait-il passé sa journée ? Qu’a-t-il fait pendant tout ce temps ? D’où venait-il réellement ? Lubumbashi n’était-il pas un divertissement ?
Commentaires :
Quel est cet enfant qui, apprenant la mort de son père par attentat survenu dans la résidence familiale, s’y serait précipité avant d’être rassuré de la sécurisation des lieux ? Ngbanda serait-il le premier à ignorer les conditions dans lesquelles l’avion de Juvénal Habyarimana avait été abattu en plein ciel, au point que cet acte ignoble aura servi de déclic au déclenchement de ce qui est devenu par la suite le génocide rwandais ?
16. Ngbanda parle de la rétention de l’information relative au décès de L-D Kabila
« Les témoignages formels du personnel médical congolais qui avait réceptionné le corps de LD Kabila à l’atterrissage de l’hélicoptère confirment sans ambages que le président congolais était bel et bien mort avant son arrivée à la clinique. Pourtant, Joseph Kabila qui avait pris le contrôle des opérations autour de «son père», ordonna le transfert de la dépouille de LD Kabila à Harare au Zimbabwe ! Et multiplia ensuite des communiqués mensongers adressés au peuple congolais pour lui faire croire que son président se portait bien. Dominique Sakombi en sait quelque chose ! Pourquoi donc cette mascarade et cette gymnastique macabre autour de la dépouille d’un président de la République ? Un autre mystère ! »
Commentaires :
Honoré Ngbanda est décidément un drôle de spécialiste en matière de sécurité. Autrement, il aurait apprécié l’initiative de la rétention, jusqu’au 18 janvier 2001, de l’information faisant état de la mort de Laurent-Désiré Kabila. Et pour cause ! Il faut se rappeler du contexte pour comprendre les «communiqués mensongers », « cette mascarade et cette gymnastique macabre autour de la dépouille d’un président de la République ». Le pays est en pleine guerre ; le processus de Lusaka est complètement bloqué. De Goma, le Rcd menace de reprendre les hostilités ; de Gbadolite, le Mlc utilise le même langage. A Kinshasa, les Kadogo deviennent nerveux. C’est dans cette atmosphère tendue que L-D. Kabila est assassiné.
Qu’aurait fait Honoré Ngbanda si c’était Mobutu à la place, avec la Dsp et la Gaci qui avaient à l’époque la gâchette facile ? Eh bien, il se serait précipité à la minute même à « La Voix du Peuple » pour annoncer l’assassinat du maréchal. Et ce serait la débandade dans la ville avec tous les risques de carnage ! Dieu merci que ce drame ne soit pas survenu du temps de « Spécial ».
La chance du Congo est donc d’avoir eu des hommes qui s’étaient en priorité préoccupés de la sécurisation des territoires sous contrôle gouvernemental, dont Kinshasa, avant l’annonce du décès et la programmation des funérailles.
Voilà comment le 16 janvier 2001, Kinshasa fut épargnée d’un énième carnage, après ceux manqués le 17 mai 1997 lors de la chute de Mobutu et les 26, 27 et 28 août 1998 lors de l’aventure rwandaise à Kinshasa.
17. Ngbanda parle des funérailles de L-D. Kabila et de Mme Sifa, première dame
« ACTE VI : Lubumbashi : aux cours des funérailles, Sifa Mahanya est présenté au public comme la « veuve éplorée », et ensuite comme la « mère biologique » de Joseph Kabila !
« Mais voilà qu’au cours des funérailles de LD Kabila commencées à Harare pour finir le 23 janvier 2001 par son inhumation à Kinshasa, Mme Sifa Mahanya, la prisonnière exfiltrée 5 jours avant l’assassinat du M’Zee et cachée à Lubumbashi, est sortie de sa cachette et propulsée à l’avant scène nationale. Elle est brusquement présentée à la presse nationale et internationale comme « la veuve éplorée » du défunt président et … la «mère » biologique de LD Kabila qui venait de prendre le fauteuil de son « père » dans les conditions que l’on sait. Et voilà, la boucle est bouclée ! Pourtant, de son vivant, tout au long de la guerre et durant son mandat à la tête du pays, LD Kabila n’a jamais présenté officiellement au peuple congolais la «première dame», autrement dit son épouse officielle parmi la dizaine de ses épouses !
Commentaires :
Douter du statut de première dame relève, ici, ni plus ni moins que de la mauvaise foi. En effet, Ngbanda reconnaît lui-même dans sa communication (lire point 11) que « Mme Sifa habitait avec son mari au Palais des Marbres, la Résidence officielle du chef de l’Etat » ! Quelle est cette femme qui peut habiter avec son mari dans la résidence officielle du chef de l’Etat si ce n’est la femme du chef de l’Etat, donc la première dame ?
Une chute aussi malheureuse dans la communication que l’on voulait de qualité exceptionnelle ne peut que donner lieu à des conclusions tout aussi malheureuses, et c’est ce que l’on découvre dans les lignes qui suivent.
18. Ngbanda parle dans les conclusions du test de l’Adn et de la congolité
« Si Joseph Kabila entend protester contre les vérités exposées dans ce récit, nous l’invitons donc à nous confondre en fournissant au peuple congolais et au monde entier la preuve irréfutable de ses origines congolaises. La constitution congolaise exige que le candidat à la présidence de la république soit né de père et de mère congolaise. Et parce que Joseph Kabila prétend que LD Kabila et Sifa Mahanya (tous deux des congolais authentiques) sont ses parents biologiques, nous lui lançons de nouveau un défi en l’invitant solennellement à organiser un test ADN par des médecins neutres et assermentés pour prouver sa filiation aux personnes qu’il déclare être ses parents.
« Le peuple congolais n’arrive pas à comprendre que la communauté internationale ait interdit formellement aux adversaires de Joseph Kabila de soulever le problème de sa nationalité pendant la campagne des présidentielles, et que la même communauté internationale n’ait pipé mot lorsque les partenaires de Joseph Kabila du PPRD et de l’AMP soulevèrent le même problème de nationalité au niveau des élections des gouverneurs de province ! » Et malgré nos protestations et nos mises en garde sur les conséquences de cette grave omission, le CIAT a fait la sourde oreille et nous a accusé de « xénophobie » ! Aujourd’hui, les institutions de la jeune République (dont le parlement) sont menacées de blocage à cause du problème de l’identité des élus ! Plus de 150 élus nationaux s’avèrent être des étrangers ! »
Commentaires :
Au sujet du test Adn, ceux qui suivent de près les écrits d’Honoré Ngbanda constatent à loisir l’évolution opérée par l’intéressé. En effet, dans ses premières prestations, « Spécial » en appelait à l’application dudit test à tout compatriote candidat à la magistrature suprême, question de s’assurer qu’il est bel et bien congolais de père et de mère. Des réactions rationnelles avaient fusé de toutes parts pour lui faire observer l’exclusion de la fonction présidentielle à laquelle il soumettait ainsi les enfants qui avaient perdu pour une raison ou pour une autre l’un des parents ou les deux, principalement au cours des années de plomb du maréchal Mobutu. Dans un de ses ouvrages restés célèbres, le colonel Jean-PierreYambuya a révélé comment, de son hélicoptère chargé de « sacs » à partir du camp Tshatshi où Mobutu avait sa résidence officielle, il lâchait sur le fleuve Congo des corps non autrement identifiés ! Dans le Katanga, on sait comment des villages entiers, donc celui de Nguz a Karl I Bond, avaient été détruits aux lance-flammes ; les habitants calcinés ! On ne parle même pas d’opérations Kimia et Mbata menées dans le Kivu, ou des expéditions militaires des années ’60 en Province Orientale et dans le Kwilu.
Comment alors les futurs candidats allaient-ils retrouver les dépouilles des leurs parents disparus à jamais pour procéder au test Adn ? On notera dans les mêmes réactions les conséquences d’ordre psychologique qui allaient résulter du déterrement des corps de Mobutu à Rabat pour le candidat Jean-François Zanga Mobutu et de Mme Olofio pour le candidat Bemba Gombo !
S’agissant du test qu’il réduit maintenant au seul chef de l’Etat actuel, on peut se demander ce qu’en sera la fiabilité dès lors que Honoré Ngbanda dit de Joseph Kabila qu’il est « un pion stratégique que les puissants lobbies politiques et financiers à travers le monde ont unanimement choisi d’utiliser pour soumettre un peuple et piller impunément ses ressources du sol et du sous sol » ! Car, c’est sûr qu’un test favorable à Joseph Kabila serait vite contesté et mis sur le compte du plan machiavélique du « cerveau » Paul Kagame et de la puissante alliance politico-mafieuse que Honoré Ngbanda s’abstient d’identifier !
En ce qui concerne la question de la nationalité soulevée par le Ccu de Lambert Mende pour les candidats Mlc Kanku et Kande et récupérée par le Mlc, Honoré Nbganda doit plutôt se sentir gêné, car le débat ouvert à l’Assemblée nationale a révélé qu’il n’y a pas que le Pprd à en faire les frais. Le Mlc y aurait laissé aussi sa peau, et cela aurait un coup dur pour les Bembistes devenus des voleurs criant au voleur.
La congolité (lire LR n°162), c’est la doctrine interdisant aux non Congolais l’accès à des fonctions officielles dans l’appareil de l’Etat. Or les premières victimes de la congolité, ce sont les compatriotes résidant à l’étranger et qui ont pris la nationalité des pays d’accueil pour des raisons de travail. C’est de ces compatriotes qu’il s’agit lorsqu’on parle de double nationalité. L’Apareco doit sans doute compter parmi les siens ces compatriotes-là qui, à l’instar d’Honoré Ngbanda en personne, vivent aux frais de la princesse nommée Communauté internationale, alias puissances occidentales !
19. Ngbanda parle des valeurs de liberté, de justice et de solidarité !
« C’est pourquoi l’APARECO lance un appel pressant aux hommes et aux femmes de bonne volonté, épris de justice et de liberté pour tous les peuples sans distinction de couleur ni de richesse. Nous les invitons donc à soutenir notre combat aux côtés du peuple congolais trompé, humilié, exploité et dépouillé de toute sa dignité dans un monde où les valeurs de liberté, de justice et de solidarité sont considérées comme le ciment des relations entre les peuples ».
Commentaires :
Dieu est Grand, car il a fallu à Honoré Ngbanda sa rétribution et sa vengeance pour que le président-fondateur de l’église « Amor Dei » découvre dans les valeurs de liberté, de justice et de solidarité le « ciment des relations entre les peuples » et qu’il se mette à inviter les hommes et les femmes « de bonne volonté, épris de justice et de liberté pour tous les peuples sans distinction de couleur ni de richesse ».
Le paradoxe est que cet appel n’est adressé à aucun Etat, à aucune organisation communautaire internationale ou régionale. Il est destiné aux hommes et aux femmes de bonne volonté et aux peuples !
Il reste à réaliser que ce sont ces mêmes hommes, femmes et peuples qui votent pour les mêmes dirigeants qui décident entre autres du sort du Congo !
Et ces dirigeants-là accordent à Honoré Ngbanda et aux siens le statut de réfugié politique tout en étant présentés par l’Apareco en parrains de Joseph Kabila, donc en ennemis du peuple congolais !
Qui, finalement, trompe le peuple congolais ?
Omer
Nsongo
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Lema