Présidentielle 2006 : Délai de 48 heures : la Cei répond à Jean-Pierre Bemba
Par le biais du porte-parole de l’abbé Malu-Malu, la Cei éclaire la lanterne de l’opinion au sujet du délai de 48 heures convenus avec les mandataires des deux candidats à l’élection présidentielle du 2ème tour, pour vérification des résultats après l’affichage aux CLCR.
C’est une note d’information sans appel. M. Délion Kimbulungu Lumpu, Porte-parole de l’Abbé Malumalu, se veut clair comme l’eau de roche. Il explique, en effet, combien le souci de transparence des scrutins du 29 octobre, constituait le fil conducteur des concertations AMP-UN auxquelles étaient associées la Commission Electorale Indépendante et la Monuc. Sans crainte d’être contredit, l’homme étale toute la vérité de ces concertations sur l’agora. En quatre points, cette note reprend à son compte toutes les faiblesses de la démarche des mandataires de l’UN à ces concertations, peu avant la publication des résultats. En un mot comme en mille, Délion Kimbulungu tient à préciser que tout au long des échanges, il n’avait jamais été question de la notification préalable aux deux candidats, des résultats provisoires à publier par la Commission Electorale Indépendante. Du reste, il fustige la tentative, par l’Union pour la Nation, de manipulation de la population en proclamant de faux résultats, en violation de la loi électorale en vigueur et des engagements pris.
En détails, découvrez dans cette édition, les grandes articulations de la réponse de la CEI à JP Bemba concernant particulièrement la contestation des résultats provisoires.
Dans le souci de mieux gérer en toute transparence la période précédant l’annonce officielle des résultats provisoires par la Commission Electorale Indépendante, il a été institué depuis le 20 septembre 2006 à l’initiative de la CEI, un Cadre de Concertation réunissant autour du Président de la Commission Electorale Indépendante, les mandataires des deux candidats à l’élection présidentielle du second tour. Ce cadre d’échange a été renforcé depuis le 1er novembre 2006 avec la participation du Président de la Haute Autorité des Médias et du Représentant Spécial du Secrétaire général des Nations Unies, cela dans l’objectif de partager conjointement les résultats des compilations pour vérification mutuelle et éviter toute extrapolation sur les résultats et exhorter les deux parties à l’élection présidentielle du second tour à sensibiliser la population à ne s’en tenir qu’aux seuls résultats affichés et/ou publiés par la Commission Electorale Indépendante.
Le cadre du débat étant ainsi constitué, les parties étaient appelées à émettre à chaque fois, leurs avis, considérations, observations et requêtes à travers ce créneau en vue de permettre à la CEI d’y réserver une suite. La Commission Electorale Indépendante (CEI) tient à préciser qu’au sujet du délai de 48 heures convenues avec les mandataires des deux candidats à l’élection présidentielle du 2ème tour, pour vérification des résultats après affichage dans les Centres Locaux de Compilation des Résultats, qu’il s’agit là d’un mécanisme non juridictionnel de transparence qui ne fonctionne que par la bonne foi de tous les acteurs en vue d’éclairer tout le monde sur le déroulement du processus électoral. Ce mécanisme extra juridique devrait permettre d’éviter l’auto proclamation de l’un ou l’autre candidat avant l’annonce officielle des résultats provisoires par la Commission Electorale Indépendante. A plusieurs reprises, ce mécanisme a été mis à l’épreuve par des actes unilatéraux ci-après, violant les engagements de la part de l’Union pour la Nation (UN) :
1. l’ajournement à l’initiative de l’Union pour la Nation, de la réunion devant traiter du vote par dérogation et des listes des omis prévu le mardi 14 novembre 2006 à 12h00’, pour la remettre à 17h00’. L’unique délégué de l’Union pour la Nation présent au rendez-vous s’étant abstenu de tout engagement en l’absence de ses camarades.
2. L’auto-imposition le même jour vers 16 heures, du candidat Jean-Pierre BEMBA GOMBO par les membres de l’Union pour la Nation en déclarant qu’elle n’avait plus confiance à la Commission Electorale Indépendante et rompant ainsi de manière unilatérale, la convention qui nous liait.
3. L’absence à la réunion de 17h00’ que les délégués de l’Union pour la Nation avaient eux-mêmes fixée au Grand Hôtel Kinshasa (le même jour). Cette situation a amené la Commission Electorale Indépendante à déléguer le Représentant Spécial du Secrétaire Général des Nations Unies auprès du Président du Mouvement de Libération du Congo, avec les correspondances en guise de réponses réservées aux requêtes de l’Union pour la Nation.
4. L’envoi de deux autres requêtes portant sur les votes par dérogation dont les mandataires du candidat Jean-Pierre Bemba Gombo avaient déjà reçu une réponse globale et détaillée à travers un tableau chiffré, circonscription par circonscription au sein de la commission.
La Commission Electorale Indépendante (CEI), se trouvant face à une tentative de manipulation de la population par la proclamation de faux résultats, avait le droit, sans trop attendre, d’appliquer le chapitre 7 de la Loi Electorale qui l’autorise à siéger pour procéder au contrôle de cohérence et à la délibération en vue de la proclamation des résultats provisoires de l’élection présidentielle.
Au sujet des résultats proprement dits, la Commission Electorale Indépendante tient à fixer l’opinion que tout au long des échanges avec les deux groupes, il n’a jamais été question de la notification des deux candidats avant l’annonce des résultats provisoires par la Commission Electorale Indépendante.
Fait à Kinshasa, le 20 Novembre 2006.
Délion Kimbulungu Lumpu, Porte-parole du Président.