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A la disposition  constitutionnelle en son article 10 sur la nationalité :’’la nationalité congolaise est une et exclusive’’ ,  l’UCDP oppose :’’le Primat de la nationalité congolaise sur toutes les autres’’

Le débat sur la nationalité engagé au parlement ressemble à s’y méprendre à certains débats  interminables restés sans réponse qui avaient faits perdre 7 longues années aux congolais lors de la conférence nationale.

Pour mémoire : A l’époque où le parti-Etat le MPR avait la mainmise sur tout  et disposait de la totalité des pouvoirs à savoir exécutif, législatif et judiciaire, la Constitution servait de support du pouvoir dictatorial au service d’un homme qui s’en servait au gré de ses intérêts.

Toutes les dispositions constitutionnelles étaient imposées aux congolais sans aucune possibilité de critique, d’analyse ni d’opposer un amendement. En fait, le concept de l’exclusivité absolue de la nationalité congolaise était ainsi imposée pour opérer l’exclusion systématique des certains de nos compatriotes notamment ceux  vivant à l’étranger, supposés détenir la nationalité du pays de résidence. Cette disposition constitutionnelle sur la nationalité n’a jamais été l’objet d’un débat sur le fond en vue d’en extirper les germes des conflits.

L’article 10 de la Constitution actuelle se révèle être un copier-coller de la disposition de la 2ème république sur la nationalité. D’ailleurs, lors de son élaboration par les députés non élus du 1+4, aucune évolution n’y était apportée parce que ces derniers n’avaient pas mesuré la gravité réelle des conséquences relatives aux germes de déstabilisation  inclus dans tout débat sur la nationalité mal engagé.

Et l’histoire donne raison à Mzee Laurent Désiré Kabila 
Pour répondre à une question posée, lors d’une conférence avec la presse, Mzee Laurent Désiré Kabila avait présenté une approche globale pour la résolution sur le fond de la crise en donnant priorité à la résolution par l’harmonisation des bases structurelles que sont la nationalité, la source de légitimation des pouvoirs et les critères objectifs pour la création des partis politiques.

Il avait proposé à ce sujet l’organisation d’un débat national sur ces questions. S’agissant de la nationalité en particulier, Mzee Kabila avait précisé, faisant allusion  aux  tutsi  installés au Nord Kivu par exemple, qu’il n’était pas question d’accepter une  nationalisation collective. Il avait démontré, par ailleurs, la complexité qui entourait ce sujet  qui ne pouvait être traité valablement qu’au travers un débat national. Malheureusement, le projet du débat national était sabordé pour imposer le controversé dialogue dit intercongolais par ceux qui cherchaient à se débarrasser de Mzee.

 A la lumière de ce qui précède, Il apparaît que le recours aux solutions faciles était privilégié par le parlement 1+4 au détriment de la recherche de vraies solutions pour répondre à la complexité autour de la question. L’histoire donne  ainsi raison à Mzee Laurent Désiré Kabila lorsque, effectivement, le débat sur la nationalité qui est une donne fondamentale, resurgit au moment de l’exercice du pouvoir après les élections et risque, à la longue, d’envahir tout le débat politique et nous faire perdre du temps.

Il ressort de l’analyse  de la commission consultative de l’UCDP sur la question que l’article 10 de la Constitution  apparaît comme une exception qui avait été imposée comme loi fondamentale  sur la nationalité.  L’UCDP définit,  par ailleurs, la  Nation congolaise comme étant  la somme d’identités culturelles dans l’espace géographique que constitue la République Démocratique du Congo. En conséquence, la nationalité congolaise qualifiée de naturelle ou d’origine  parce qu’acquise de ce fait, est un droit inaliénable qu’aucune loi ne peut opposer.

L’amalgame et la confusion  pour une loi  au contenu injuste sur la nationalité
Notre lecture de l’article 10 sur la nationalité congolaise, « une et exclusive » met en évidence les limites de cette disposition constitutionnelle du fait que c’est exclusivement sous le prisme de l’exercice de pouvoir que cette loi avait été élaboré et imposée. Son interprétation  a  toujours été biaisée au gré des intérêts de politique politicienne par l’installation de l’amalgame et la confusion entretenue.  

De quoi est-il donc question ? L’article 10  s’oppose  à la nationalité naturelle des congolais dont les identités culturelles sont dans l’espace de la république démocratique du Congo leur privant systématiquement leur droit inaliénable d’appartenance naturelle à notre pays. Cette disposition injuste consacre l’exclusion. Par conséquent, elle ne mérite pas de figurer comme loi fondamentale.

En effet, les contradictions flagrantes apparaissent  et corroborent notre point de vue:

Que dit l’article 10 ? : « la nationalité congolaise est une et exclusive, elle ne peut-être détenue concurremment avec aucune autre.

-La nationalité congolaise est soit d’origine soit d’acquisition individuelle

 - Est congolais d’origine, toute personne appartenant aux groupes ethniques dont les personnes et le territoire constituaient ce qui  est devenu la république démocratique du Congo à l’indépendance. »

Ces termes sont trop restrictifs pour figurer comme disposition fondamentale de notre Constitution. En ce sens, ils enferment des contradictions qui empêchent à l celle-ci de jouer  son rôle.

Les germes des conflits sont, en fait, enfermés  dans la spécification de cette disposition sur la nationalité.  

 Aux termes des articles 72, 102, et 106 de la Constitution du 18 Février 2006 : 

«  nul ne peut être candidat respectivement à l’élection présidentielle, législative, sénatoriale s’il ne remplit  entre autres conditions celles de posséder la nationalité congolaise d’origine ou d’être congolais. »

Il n’apparaît aucune précision pour distinguer la nationalité congolaise d’origine à celle d’être congolais tout court. Pour un étranger qui acquiert la nationalité congolaise, n’est-ce pas une aberration de lui exiger de se débarrasser de sa nationalité d’origine ou naturelle pour laquelle, en réalité, nous n’avons et n’aurons aucune mainmise ?     

Un libanais qui devient congolais ne se débarrassera jamais de sa nationalité d’origine! En conséquence, les congolais sont injustement dépourvus de cet avantage par cette disposition!

L’UCDP opte pour la solution du bon sens en opposant le primat de la nationalité congolaise au contenu de l’article 10 de la Constitution
Le débat au parlement sur la nationalité au lieu d’être un débat éminemment politique, s’impose chaque jour comme débat de société de nature conflictuelle tant que les facteurs de divergence seront privilégiés au détriment des facteurs de convergence.
En effet, l’article 10 de la Constitution  du 18 Février 2006 divise les congolais tant sur le fond que sur la forme.
Sur la question, l’UCDP  ne se contente pas  de constater seulement, mais elle propose  des solutions qui privilégient la convergence pour mettre tout le monde d’accord.

Ainsi donc, à  la disposition constitutionnelle sur la nationalité qui stipule que la nationalité congolaise est une  et exclusive, l’UCDP oppose le primat de la nationalité congolaise sur toute les autres.

De ce point de vue, partant du fait que la nation congolaise est constituée par la somme des identités culturelles( tribu, ethnie) inclues dans l’espace désigné RDCongo, le bon sens impose que tout congolais qui se prévaut d’une de ces identités culturelles, a la nationalité congolaise naturelle ou d’origine qu’aucune loi, quelle qu’elle soit, ne peut opposer. Il va s’en dire  qu’un mongo, murega, muluba, lokele, muntandu, musakata, muyanzi, lunda, gbandi, mushi, muyombe, muhoyo, mupende, mutetela, ngbaka, muteke, mubemba, mubembe, gombe, mukuba, musonge, mangbetu, muhemba, bangubangu, musingombe… ne peut jamais perdre son identité culturelle donc sa  nationalité naturelle ou d’origine qui est inaliénable même s’il acquiert d’autres nationalités étrangères. Dire que cela entraîne la perte de la nationalité d’origine tel que stipulé par l’article 10 de la Constitution, est une atteinte flagrante et grave aux droits de l’homme  à qui on enlève un des droits fondamentaux.     

Et s’il est une nécessité absolue pour que  la disposition constitutionnelle d’exclusivité sur la nationalité  disparaisse de la loi  fondamentale, il n’en demeure pas moins que, pour des impératifs sécuritaires,  cette exclusivité soit prise en compte  dans la loi organique pour l’accès à certains  postes de pouvoir notamment. Ainsi cette disposition exclusive, en tant que  loi organique, peut concerner par exemple certains postes stratégiques. 

Pour une appropriation collective de la loi sur la nationalité l’UCDP propose l’organisation du débat national
Si cette question sur la nationalité était traitée telle que le préconisait Mzee Laurent Désiré Kabila comme préalable à toute négociation, on n’en serait pas là aujourd’hui à se morfondre et à perdre du temps pour savoir qui est congolais ou qui ne l’est pas.

 L’UCDP, considérant que  la problématique sur la nationalité en RDCongo n’est pas une question partisane, mais celle qui concerne tous les congolais sans exclusive, propose l’organisation d’un débat national sur la nationalité en vue  d’engranger une appropriation collective indispensable de la question pour des équilibres futurs.

Toutes les forces vives de la Nation devront assister à ce débat d’une manière ou d’une autre de telle sorte que toutes les facettes de la question puissent être abordées et prises en compte.

Au regard de ce qui précède, l’UCDP considère le moratoire sur la nationalité comme du vernis pour masquer les vrais problèmes et s’en tenir à cette loi inique pour régler les différends d’ordre politique, c’est du déni de la justice et pourquoi pas de la démocratie ? 

Info UCDP  
 

                


 


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