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UN-Gizenga, la guerre est déclarée

L’UN a donné l’ordre à ses membres d’ignorer le règlement intérieur de l’Assemblée nationale. Un des députés de l’UN contacté par notre rédaction, s’est contenté de parler à visage couvert sachant que ses propos constituent un véritable complot contre le pays. L’UN promet le blocage systématique pour empêcher la nomination du Premier ministre. L’UN entend multiplier les requêtes pour donner du travail à la Cour suprême de justice, mais plus pour retarder la mise en place du gouvernement. Ceci arrive au moment où tout le monde, dont les partenaires extérieurs attend la nomination du Premier ministre et la mise en place du gouvernement de la troisième République. L’UN démontre par son attitude qu’elle n’est prête à voir le gouvernement s’occuper de véritables problèmes du pays.

Dans l’opinion, on s’impatiente. On voudrait voir le gouvernement se mettre au travail. Pour ce faire, les Congolais ont hâte de voir ce gouvernement se mettre en place. Certains cadres de l’UN ne s’empêchent pas de mettre de l’huile au feu en alimentant la conjecture autour de ce prétendu retard. On raconte mille et un canulars du genre, l’Amp serait prête à renoncer l’accord signé avec le Palu ou que Gizenga et Joseph Kabila ne seraient pas d’accord au sujet du programme du gouvernement. A tout cela, on fait largement écho des prétendues luttes d’influence au sein de l’AMP où, selon des rumeurs les plus folles, les cadres seraient prêts à s’entredéchirer pour des postes. Il y a au départ un brin de vérité. Mais au finish, il y a beaucoup de mensonges. La vérité, c’est qu’il n’est pas facile de former un gouvernement de coalition par le temps qui court. Tout le monde est prêt à y participer, mais il n’y a pas assez de places pour tout le monde. Mais à croire que cela constituerait une raison pour les cadres de l’Amp de s’entre-manger, il y a un rêve qui ne deviendra jamais réalité.

On peut douter de la « républicanité » de l’opposition
La vérité, c’est aussi que les perdants ne sont pas prêts à jouer le jeu. Dans son discours d’acceptation des résultats de la présidentielle du 29 octobre dernier, le leader du Mlc, JP Bemba avait annoncé une opposition républicaine, même s’il a ajouté qu’il s’agira d’une opposition forte. Lorsqu’on est républicain, on ne peut baser son opposition que sur le respect des textes certes, mais aussi de l’esprit démocratique. A voir les stratégies que l’UN met en place et dont le pays expérimente déjà les résultats, on se rend compte qu’on aurait affaire à une opposition légère et fasciste. C’est cette opposition qui a mis le feu sur la Cour suprême de justice pour l’empêcher de se prononcer sur la requête présentée par la même opposition. L’incendie de la Cour suprême était jadis considéré comme un accident de parcours. Mais on constate aujourd’hui qu’il s’agirait plutôt d’une planification comme le démontre l’entretien que nous avons eu avec un député de l’UN. Ce dernier n’y est pas allé par le dos de la cuillère. Il a démontré comment sa plate-forme entend bloquer systématiquement la nomination du Premier ministre. L’UN a déjà fait le premier pas en retardant la mise en place du bureau définitif de l’Assemblée nationale. Lorsque la Cour suprême de justice s’est mise à analyser le projet d’ordre du jour lui soumis par le bureau provisoire de l’Assemblée nationale, l’UN s’est précipitée à présenter une requête qui traduit mieux que tout l’état d’esprit dans ce regroupement politique. Il faut empêcher Joseph Kabila et la majorité de travailler. Pour une opposition dite républicaine, c’est tout simplement étonnant. L’UN démontre qu’il veut le pouvoir pour le pouvoir. L’intérêt du peuple ne compte pas à son avis. L’UN ne veut pas laisser la majorité faire ce qu’elle doit faire afin de se faire juger. Ce que la plate-forme de JP Bemba se propose à faire, ou qu’elle fait déjà, c’est un coup au bas de la ceinture. Il faudra qu’elle s’attende au retour de la manivelle. Car, à une opposition qui se veut forte, il faut un pouvoir fort. Il faudra bien imposer à tout le monde la fin de la recréation.

Le pouvoir contre les intérêts du peuple
On doit amener la population congolaise à connaître des individus qui cherchent le pouvoir pour leur propre intérêt et qui, par tous les moyens, empêcheraient quiconque voudrait construire le devenir du Congo. On a remarqué beaucoup d’intentions malveillantes dans le chef de beaucoup de cadres de l’UN qui sont prêts à ne rien laisser tant que le pouvoir ne leur revient pas. C’est pour en savoir un peu plus que le samedi dernier, nous nous sommes résolu de rencontrer essentiellement des députés de l’Union pour la Nation (UN) et ceux de la Majorité présidentielle (Amp). Notre démarche visait à en savoir un peu plus sur le règlement intérieur de l’Assemblée nationale actuellement en étude à la Cour suprême de justice. Mais avons découvert une autre réalité. Nous avons constaté un véritable complot ourdi contre la Rdc et le peuple congolais. Nous respectons la volonté du député de l’UN de se confier à nous sous forme d’anonymat. Car, ses propos sont tellement graves que même sa plate-forme est incapable de les assumer en public. Mais, il nous est permis de comprendre le sens des requêtes que sa commission présente.

La confidence d’un député de l’UN
Pour le député de l’UN, parlant sous le sceau de l’anonymat, il y aurait des injonctions de la hiérarchie indiquant qu’ils avaient reçu l’ordre de ne pas parler de ce règlement intérieur. Cette décision est due au fait que l’UN avait déposé à la Cour suprême de justice une requête en annulation de ce règlement. En attendant cette annulation, ils apprennent à ignorer qu’il existerait un règlement intérieur de l’Assemblée nationale.

« Nous ne voulons pas en parler. Nous avons saisi la haute cour et l’Amp sera surprise », nous confie un député de l’UN. Ce dernier va plus loin pour dire qu’il n’y aura pas un gouvernement pour bientôt. « Tenez, nous allons systématiquement chercher la petite bête pour empêcher la mise en place de ce gouvernement. A chaque fois que quelqu’un sera présenté comme ministre, nous allons saisir la Cour suprême de justice pour démontrer que tel ou tel autre individu ne peut pas faire partie du gouvernement pour avoir été cité dans tel ou tel autre dossier de pillage de ressources du pays ou dans le rapport du panel des Nations unies », nous a confié cet élu du peuple.

Pour lui, il y aura un grand blocage en ce qui concerne la désignation du Premier ministre. Les députés de l’UN ont déjà planifié des stratégies et aligné des arguments pour la haute cour. Ils comptent également revenir sur la notion de la majorité parlementaire. Cette majorité, estime-t-on à l’UN, devra être constatée en tenant compte du caractère bicaméral du parlement de la 3ème République notamment, c’est-à-dire à l’Assemblée nationale comme au Sénat.

« Qui dit majorité parlementaire dit avoir gagné cette majorité et à l’Assemblée nationale et au Sénat. Si l’UN est majoritaire au Sénat, elle va bloquer la désignation du Premier ministre », Car, continue-t-il, l’Amp ferait une interprétation erronée de la Constitution quand elle dit que la majorité parlementaire viendra de l’Assemblée nationale seulement ».

En clair, l’UN entend relancer les débats sur la définition de la majorité. Une requête en interprétation sera encore une fois introduite à la Cour suprême par l’UN au cas où après installation du bureau définitif de l’Assemblée nationale, l’Amp présenterait son candidat 1er ministre sans tenir compte de la majorité au Sénat. Les cadres de l’UN ne veulent pas seulement empêcher la nomination du Premier ministre, mais aussi et surtout, ils feront tout jusqu’à influencer une motion de méfiance. Ils font ces calculs en prévision de leur éventuelle majorité au Sénat. Cette logique est catastrophique. Si la majorité à l’Assemblée nationale ne suffit pas pour gouverner, de quel droit celle au Sénat donnerait-elle l’occasion d‘avoir le plein pouvoir. Comme on le voit, le patriarche Gizenga aura du pain sur la planche.

La Csj ne se laissera ^pas tirer par le nez
Une chose est de multiplier les requêtes à la Cour suprême de justice, une autre est d’avoir raison. L’UN ne peut pas penser qu’un seul jour, elle réussira à faire jouer à la haute Cour le jeu politicien. Il apparaît clairement que les dirigeants de l’UN savent eux-mêmes qu’ils ne peuvent avoir gain de cause dans ces requêtes fantaisistes. Comment un homme sérieux peut-il penser un seul instant que la Cour suprême de justice pourrait passer à côté de la constitutionalité qu’on demande d’établir, pour se mêler dans les débats parlementaires. L’UN sait également que la majorité au Sénat ne lui reviendra jamais en plus du fait que la majorité au Sénat n’est pas prise en compte dans le cadre de la majorité qui doit déterminer la majorité régnante.

Du coté de l’Amp, les choses sont claires et nettes. C’est le choix du peuple qui doit primer. L’honorable Mende, député national et Secrétaire permanent de l’Amp reconnaît à l’UN le droit de saisir la Cour suprême de justice en ce qui concerne le règlement intérieur de l’Assemblée nationale pour contester tel ou tel article. « Mais je mettrai des réserves sur le bien fondé de cette requête du groupe parlementaire de l’UN demandant de changer certaines dispositions que nous avons votées dans ce règlement et qui ne concordent pas avec les intérêts particuliers de ce groupe notamment l’UN », souligne Lambert Mende.

Et de préciser que la Cour a qualité de se prononcer sur la constitutionnalité et non sur les dispositions de ce règlement. « Si la Cour applique la loi, je pense que la réponse à cette requête sera négative », a-t-il indiqué. Pour l’Amp, le partage a été déjà fait par le peuple qui a envoyé à l’Assemblée nationale autant de députés pour tel ou tel autre camp. On n’aura pas à faire le partage du gâteau comme ce fut le cas pendant la transition.

Source: Avenir

   


 


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