Scandaleuse brouille autour des finances entre le gouverneur de Kinshasa et son adjoint
Le torchon brûle à l’Hôtel de ville de Kinshasa où rien ne va entre le titulaire et son adjoint chargé des finances et qui vient d’être élu Sénateur, ce qui motive le gouverneur titulaire à le pousser à abandonner son poste.
Plus rien ne va à l’Hôtel de ville de Kinshasa. Le gouverneur de la ville, Amiral Liwanga a sommé depuis mercredi le vice-gouverneur chargé des Finances et Economie, M. Fidèle Sulubika Issa, de libérer les locaux de l’Hôtel de ville au motif de les céder à d’autres occupants en fonction des changements intervenus dans les structures organiques de la ville. Dans sa lettre datant du 22 février dernier, le gouverneur sortant, sans respect d’aucune procédure légale, a même accordé au Vice-gouverneur un délai de 48 heures pour libérer le bureau qu’il occupe présentement parce qu’il a été élu « sénateur provincial de la province Orientale » (selon l’Amiral).
Ce délai a expiré hier mercredi et le gouverneur Liwanga a mobilisé les éléments de la police et l’Agence Nationale de renseignements (ANR) pour maîtriser Fidèle Sulubuka au cas où il outrepasserait son ordre, a confié ce dernier à la presse. Face à ce qu’il qualifie d’agitation de diable dans un bénitier, le vice-gouverneur n’a pas fréquenté son bureau mercredi, même si les articles 222 et 108 de la Constitution lui reconnaissent encore le droit de continuer à gérer les affaires courantes jusqu’à l’installation de nouveaux locataires de l’Hôtel de ville.
Pourquoi Liwanga s’agite-t-il ?
Des sources bien informées font état d’une gabegie financière sans précédant à l’Hôtel de ville de Kinshasa au moment où les routes de la capitale son quadrillées des nids de poule. Et ce, malgré les menaces du chef de l’Etat et du Premier ministre d’ouvrir les portes de Makala aux prédateurs des deniers publics. Fidèle Sulubuka serait tout simplement un témoin gênant face aux sorties abusives des fonds de la ville-province de Kinshasa opérés par le gouverneur sortant.
Dans sa correspondance du 22 février dernier, Fidèle Sulubika rappelle à Liwanga que la réalité de l’harcèlement exercé sur le vice-gouverneur en charge des Finances n’est qu’une diversion qui consiste à déblayer le terrain de tous les témoins gênants, dans l’intention de profiter de cette période morte pour gérer les finances de la ville selon vos habitudes… « Dans l’esprit de la loi qui régit les institutions de la transition en mutation, le gouverneur de la ville est l’ordonnateur des dépenses (OD) à l’Hôtel de ville tandis que le vice-gouverneur chargé des Finances et Economie est le gestionnaire des crédits. Et en tant que tel, le vice-gouverneur des finances a le contrôle de tous les comptables de l’Hôtel de ville.
Ainsi, tous deux ayant été nommés par décret présidentiel, personne n’a le pouvoir de démettre l’autre de ses fonctions mais ils sont par contre appelés à collaborer et à gérer collégialement. Cependant l’Amiral Liwanga viole tous ces principes en arrachant même la signature au vice-gouverneur Sulubika pour décaisser à loisir les fonds publics, accuse ce dernier. Le gouverneur est même allé au-delà en confiant la signature du Vice-gouverneur en charge des Finances et de l’Economie soit à son conseiller financier soit à son directeur de cabinet alors que ces derniers ne sont pas habilités à engager la gestion des finances publiques.
A travers plusieurs remarques, mises au point et notes de service adressées à l’Ordonnateur Délégué provincial a.i, Fidèle Sulubilka a dénoncé ces sorties abusives des fonds ce dernier temps, sans soubassement et en dehors des règles de la déontologie des finances publiques. Voilà ce qui lui crée des misères. Qui pis est, le ministre de l’Intérieur présenté par l’Amiral Liwanga comme celui qui a décidé la chasse contre Sulubika, semble tout ignorer. Et l’opinion se demande comment un vice-gouverneur chargé des Finances de la ville en plus peut-il être chassé de ses bureaux alors qu’il est tenu faire dans quelques heures l’état de la caisse de la ville à l’équipe entrant ? Force est donc de constater que la récréation continue encore à l’Hôtel de ville de Kinshasa.
Le Chef de l’Etat et le Premier ministre en quête des fonds pour réaliser les cinq chantiers devraient intervenir d’urgence pour ne pas laisser vider les caisses de la ville de Kinshasa qui a pourtant besoin des moyens pour se revêtir de sa plus belle robe.
La Référence Plus